C’est à compter de ce lundi que les employés de la fonction publique québécoise doivent être de retour au bureau «minimalement trois jours par semaine».
La présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau, en avait fait l’annonce, le 3 décembre, en même temps qu’elle avait annoncé une réduction graduelle des effectifs de la fonction publique sur deux ans.
«Nous reconnaissons que le monde du travail évolue. C’est pourquoi nous ramenons les employés de l’État au bureau trois jours par semaine», avait-elle déclaré.
Ce retour au bureau se fait à reculons, rapportent les deux grands syndicats qui représentent les fonctionnaires du gouvernement du Québec, soit le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) et le Syndicat .des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).
En entrevue lundi, Christian Daigle, président général du SFPQ, a reproché au gouvernement d’avoir pris la décision d’imposer le retour au bureau trois jours par semaine pour plaire aux gens d’affaires.
«C’est vraiment une demande qui est faite pour répondre à un besoin des Chambres de commerce de pouvoir ramener du monde dans les centres-villes. C’est simplement ça. Parce que s’il y avait une préoccupation réelle de la situation, on l’aurait fait autrement, à ce moment-là; on aurait laissé aux ministères et organismes la possibilité de pouvoir ajuster les choses», a commenté M. Daigle.
Selon lui, il n’y a «pas de plus-value» à passer de deux jours par semaine au bureau à trois, ni en termes de productivité, ni en termes d’absentéisme, ni en termes de travail d’équipe.
Il note que certains ministères ont déjà reporté le retour au bureau trois jours par semaine à plus tard, parce qu’ils n’étaient pas prêts lundi. Certains manquent d’espaces à bureaux, parce qu’il y a eu des réaménagements, d’autres sont conscients de la grogne des fonctionnaires, relate-t-il.
De son côté, le président du SPGQ, Guillaume Bouvrette, a dénoncé le manque de flexibilité, de latitude laissée aux ministères et organismes. Il a aussi critiqué l’imposition «mur à mur» de la politique, sans tenir compte des réalités de chaque ministère ou organisme.
En faisant son annonce, le 3 décembre, la ministre Duranceau avait expliqué que «cela permettra de renforcer la collaboration, la cohésion et le sentiment d’appartenance, tout en favorisant la créativité, le mentorat et l’intégration des employés dans leur équipe. Cette mesure contribuera également à rendre le travail d’équipe sur les dossiers complexes plus fluide, à réduire les délais décisionnels et à cultiver des liens de proximité entre gestionnaires et employés».

