À une quinzaine de jours de la rentrée scolaire, Québec cherche à pourvoir 3132 postes d’enseignants dans le réseau scolaire. Il s’agit toutefois d’une amélioration par rapport à l’an dernier, puisqu’on cherchait à trouver plus de 4000 enseignants à pareille date.
C’est ce que démontrent les données du ministère de l’Éducation sur son tableau de bord qui a été mis à jour.
Dans les faits, 96,4% des postes sont présentement pourvus; un portrait plus positif que lors de la dernière rentrée.
De l’inquiétude persiste tout de même du côté de l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal, qui représente les 10 000 enseignants de la CSSDM.
La présidente de l’organisation, Catherine Beauvais-St-Pierre, a s’est désolée du «casse-tête» que représente la rentrée. «Chaque année, le CSSDM est incapable de garantir aux parents que leurs enfants pourront bénéficier de l’expertise et de la qualification d’un prof dans la classe. 7 % de postes à pourvoir chez le personnel enseignant à Montréal, c’est dire comment l’employeur échoue à se rendre attractif et à conserver ses profs», a-t-elle mentionné par voie de communiqué.
En Mauricie, près d’une centaine de postes restent à pourvoir avant la rentrée.
«On parle d’une situation qui est quand même en meilleure position qu’à pareille date l’année dernière», précise toutefois Isabelle Caya, directrice générale du Centre de services scolaire de la Riveraine.
En Estrie, il manque près de 170 enseignants, un chiffre similaire à l’an dernier.
Le Syndicat de l’enseignement de l’Estrie reste toutefois préoccupé, faute de données, sur le nombre d’enseignants non légalement qualifiés dans chacun des centres de services scolaires.
«Souvent ce sont des gens qui ont une bonne connaissance au niveau de la matière, mais qui n’ont pas nécessairement les connaissances au niveau de la pédagogie», explique David Raymond, président du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie.
Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, les quatre centres de services scolaires de la région semblent avoir le vent dans les voiles en ce qui concerne les postes en enseignement qui sont en partie comblés pour la rentrée cette année. Quant au Centre de services scolaires De La Jonquière, ce sont les 575 postes en enseignement qui ont trouvé preneur.
Notons que le réseau de l’éducation du Québec a été mis à rude épreuve au cours des dernières années. L’ex-ministre de l’Éducation Bernard Drainville avait soulevé un tollé en imposant des compressions budgétaires de l’ordre de 570 M$ en éducation pour la rentrée scolaire 2025-2026.
Cette décision avait été critiquée par les acteurs du réseau et différents syndicats. La grogne s’est étendue aussi aux parents d’élèves, à différents politiciens de l’opposition et même au secteur de la santé.
M. Drainville avait fait volte-face et avait annoncé un réinvestissement de 540M$ en éducation pour les services aux élèves. Il avait toutefois indiqué qu’une majorité de cette somme viendrait avec des conditions pour les Centres de services scolaires.



