Quelques jours après des propos prononcés lors d’une cérémonie d’hommage à Robert Trudel jeudi, des paroles qui ont fait énormément réagir, Yves Lévesque s’est excusé par voie de communiqué dimanche.
«À la suite de mon allocution, plusieurs personnes ont été offensées par mon allocution au cours de laquelle j’ai énuméré certains exemples afin d’illustrer une culture comportementale appartenant à une autre époque», a déclaré le maire de Shawinigan dans un communiqué transmis aux médias.
«Je reconnais que ces propos étaient maladroits et blessants, particulièrement pour des personnes ayant subi certains gestes ou abus ainsi que leurs proches», a poursuivi l’ex-maire de Trois-Rivières.
Il affirme reconnaître «pleinement» son erreur.
«Il ne faut, en aucun cas, minimiser le parcours que doivent emprunter les victimes vers le chemin ardu de la dénonciation. En 2026, notre société est ailleurs et comme premier magistrat de la Ville, je dois montrer l’exemple.»
— Yves Lévesque, maire de Shawinigan
«Je tiens donc à offrir mes excuses les plus sincères à celles et ceux qui ont été offensés par ces paroles inappropriées», a soutenu le politicien.
«Il n’a jamais été dans mon intention de heurter qui que ce soit. Je tiens à être très clair: je ne cautionne, d’aucune manière, toute forme de harcèlement, quelle qu’en soit la nature», a poursuivi le maire élu à la tête de la ville le 2 novembre dernier.
M. Lévesque a indiqué qu’il ne fera aucun commentaire supplémentaire à ce sujet.
Des propos qui ont fait réagir
Jeudi lors d’un hommage à Robert Trudel – celui à qui on doit notamment la Cité de l’énergie, M. Lévesque avait tenu des propos qui avaient laissé un goût amer à plusieurs personnes alors que M. Trudel a déjà fait l’objet d’allégations pour inconduite sexuelle.
Une enquête de Radio-Canada publiée en 2018 dévoilait que cinq femmes soutenaient avoir été victimes d’inconduite sexuelle de la part de Robert Trudel. Les allégations n’ont toutefois jamais donné suite à des accusations.
«Je regarde mon père qui disait à une fille “tu as de belles fesses”, on ne peut plus dire ça aujourd’hui», avait notamment déclaré Yves Lévesque lors de son allocution. «“Tu as de beaux seins”, on ne peut plus dire ça aujourd’hui. Je l’ai dit. […] Je vais avoir des accusations. Je trouve ça de valeur de ramener des allégations dans un hommage important.»
«Je suis un petit peu outrée. C’est difficile à entendre pour les victimes, pour les femmes», avait notamment réagi Marie-Soleil Desrosiers, intervenante au CALACS de Trois-Rivières. Mme Desrosiers avait affirmé à Noovo Info qu’il serait bien que le maire présente des excuses.
Plusieurs mairesses, dont celle de Longueuil, Catherine Fournier, avaient également réagi au discours.
Des excuses au lendemain d’une lettre ouverte
Cette déclaration du maire de Shawinigan survient au lendemain de la publication d’une lettre ouverte dénonçant les paroles tenues jeudi.
«Rendre hommage, dans un lieu public et institutionnel, à un homme dénoncé par plusieurs femmes, envoie un message lourd de sens : la contribution d’un homme peut effacer les voix des femmes qui dénoncent les agressions. Ce message, nous le refusons. Le discours du maire Yves Lévesque rend l’inacceptable encore plus indécent et compromet la confiance qu’exige sa fonction», disait notamment la missive signée par plus de 225 personnes provenant de la région.
Parmi les signataires, les noms de Stéphanie Bédard, coordonnatrice du centre des femmes de Shawinigan ou encore de Annie Provencher, conseillère municipale à Trois-Rivières étaient présents. D’autres directrices d’organismes locaux figuraient également parmi ce nombre.
- Avec des informations de Frédérique Bacon et la collaboration de Jennifer Gravel pour Noovo Info

