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Projet de TGV: des résidents de Mirabel craignent des expropriations dignes de la construction de l’aéroport

«Il ne faut pas détruire les gens qui habitent sur le tracé...»

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Projet de TGV: des résidents de Mirabel craignent des expropriations dignes de la construction de l’aéroport Le tracé du futur train grande vitesse (TGV) qui doit relier Québec et Toronto «a rouvert des plaies» à Mirabel. On craint des expropriations de la part du gouvernement fédéral, à l’instar de ce qui s’était produit lors de la construction de l’aéroport.

Le tracé du futur train grande vitesse (TGV) qui doit relier Québec et Toronto «a rouvert des plaies» à Mirabel. On craint des expropriations de la part du gouvernement fédéral, à l’instar de ce qui s’était produit lors de la construction de l’aéroport.

C’est le cas de Christian Couvrette. Celui qui exploite une ferme laitière se souvient que sa famille avait été expropriée en 1969. Il affirme que le tout a eu des impacts sur l’entreprise pendant des dizaines d’années.

M. Couvrette se trouve par ailleurs dans le secteur de Sainte-Scholastique, qui est situé dans le corridor retenu pour le tracé du TGV. Maintenant sexagénaire, M. Couvrette demande au gouvernement de respecter les producteurs agricoles comme lui.

«Quand on fait une amélioration comme le TGV, il ne faut pas détruire les gens qui habitent sur le tracé», a-t-il déclaré, ému.

TGV fermier Mirabel (Noovo Info)

Denise Beaudoin et Françoise Drapeau-Monette, du Centre de mémoire collective de l’expropriation de Mirabel, craignent le pire. Qualifiant l’annonce du tracé du TGV de «terrible», elles exigent «qu’il y ait une rencontre à Sainte-Scholastique» afin de clarifier la situation et protéger les terres agricoles.

«Ce n’est pas bien planifié et décidé. Ça n’a pas d’affaire d’être ici», a renchéri Mme Drapeau-Monette.

Le député fédéral de Mirabel, Jean-Denis Garon, dénonce l’action du gouvernement fédéral dans le dossier, qui, selon lui, peut suspendre des articles de la Loi sur l’expropriation afin de réaliser le projet du TGV.

«Les gens n’auront plus le droit de demander une audience publique», a ajouté le député bloquiste.

Interrogée quant aux préoccupations des résidents de Mirabel, la société Alto, qui est promoteur du chantier, affirme ne pas vouloir «répéter l’histoire de l’aéroport et compte rencontrer les gens en personne».

«On veut négocier avec les propriétaires pour trouver une entente juste et équitable. Les expropriations demeurent à disposition, mais ce n’est pas le scénario envisagé», a conclu Philippe Archambault, vice-président communication chez Alto.

À voir dans la vidéo.