Le syndicat représentant les 165 constables spéciaux du métro de Montréal milite en faveur du port du pistolet afin de les protéger. Le débat face à la pertinence d’une telle mesure est relancé, alors que la Société de transport de Montréal (STM) s’y oppose fermement.
Kevin Grenier, président de la Fraternité des constables et agents de la paix de la STM, affiliée à la CSN, montre du doigt la hausse de cas de violence à l’endroit des constables spéciaux à l’intérieur du métro. Il affirme que le port d’arme n’est pas dans le but de l’utiliser, mais plutôt qu’il soit un «effet dissuasif».
«Beaucoup de gens nous challengent et se permettent d’aller plus loin. Des gens nous frappent, nous sautent dessus et prennent la fuite», a-t-il déploré en entrevue avec Noovo Info.
L’ex-directeur adjoint des enquêtes criminelles de la Sûreté du Québec, Yannick Dion, admet que ce ne sont pas des aspects à négliger.
«Il ne faut pas oublier le type de menaces qu’on a aujourd’hui: la menace terroriste et la menace de tireur actif. Si quelqu’un se présente avec une arme et menace le public dans un secteur comme le métro, il y a ces choses à considérer», a-t-il souligné.
M. Grenier clame que les constables spéciaux sont formés à l’École nationale de police du Québec de Nicolet, et ce, à l’instar d’un policier. Seule exception: ils n’ont pas reçu les formations concernant l’utilisation d’une arme à feu ou d’un pistolet à impulsion électrique (taser).
De son côté, la STM est catégorique: pas question de munir les constables d’une arme à feu. On rappelle que, depuis 2024, ils ont la possibilité d’utiliser du poivre de Cayenne en gel.
«Ils doivent faire appel au SPVM, présent dans le métro, lors de situations impliquant une personne armée», indique Renaud Martel-Théorêt, porte-parole de la STM, dans une réponse écrite.
Selon les données de la STM, les constables spéciaux sont intervenus 68 732 fois dans le métro de Montréal. L’usage de la force a été nécessaire pour 511 cas. Il s’agit d’une diminution par rapport à 2024.
Ailleurs au Canada, seule la Colombie-Britannique a une police dédiée à la surveillance du métro. Les autres grandes villes n’ont pas de constables avec des armes à feu.
Interrogés par Noovo Info, plusieurs Montréalais ont manifesté leur désaccord par rapport à un éventuel armement des constables dans le métro.
La STM a annoncé la venue de l’ex-patron de la SQ Martin Prud’homme, qui devra faire face aux problèmes liés aux crises sociales et aux demandes des constables spéciaux.
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