Les conversations que Jibril Adamu, chauffeur de covoiturage, a avec ses clients dans sa voiture l’ont inspiré à écrire de la poésie.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Il se surnomme «le poète du covoiturage» et est désormais un auteur publié.
En récitant ses poèmes dans sa voiture, M. Adamu lit à haute voix son poème intitulé «Switching Lanes»: «La confiance, c’est énorme. Un signal. Il y a de fortes chances que, à mesure que vous vous rapprochez, elle s’éloigne.»
Puis, il explique: «À première vue, ce poème semble parler de la circulation, mais il traite en réalité des limites et des relations.»

Lorsque les clients montent dans sa voiture impeccable et aperçoivent les livres exposés, une conversation s’engage. Il ajoute que les passagers deviennent des amis lorsqu’ils partagent leurs histoires avec une oreille attentive et empathique.
«Ces moments banals et ordinaires que l’on peut tous vivre. Et j’essaie d’utiliser un langage simple pour rendre compte de ce dialogue conversationnel», a-t-il soutenu.
Que ce soit lorsqu’un client se rend à l’hôpital, très inquiet, ou qu’un autre quitte un entretien d’embauche complètement ravi, ces trajets inspirent Adamu, qui affirme: «Ma thèse est que les choses ordinaires de la vie recèlent un sens profond.»
Après des décennies d’écriture, le premier recueil de poésie d’Adamu a été publié par AOS Publishing Montréal. Ode to a Red Country Rooster, publié sous le pseudonyme de JD Addams, tire son titre d’une rencontre avec une créature de basse-cour particulièrement tenace au Nouveau-Brunswick.
«Ce coq est tout simplement devenu pour moi un symbole de résilience, un symbole d’endurance, de persévérance et de souffrance.»
— Jibril Adamu
Adamu qualifie cet ouvrage de collaboration, car des passagers y ont contribué par des dessins et des suggestions, et bon nombre d’entre eux sont des personnes avec lesquelles il se sent en affinité.
Après avoir conduit et exercé d’autres emplois pénibles pendant des années, la carrière de ce poète du covoiturage prend un nouveau tournant, mais Adamu affirme qu’il ne cessera pas de conduire.

«J’ai accepté le fait que le lien que je tisse avec les gens, ces moments de 10 à 15 minutes, est, je crois, vraiment important», a-t-il déclaré.
«Et c’est essentiel. J’adore ça.»

