Alors que plus d’un million de Montréalais choisissent de se rendre au travail à vélo, l’organisme de défense du cyclisme de la ville estime qu’il est possible d’en faire davantage pour assurer la sécurité sur les pistes cyclables.
Vélo Québec a publié son rapport intitulé État du cyclisme à Montréal, qui révèle que 1,185 million de personnes sur l’île se sont déplacées à vélo, soit 941 000 adultes et 244 000 enfants.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Au total, Vélo Québec a constaté que 58% de la population adulte de Montréal se déplaçait à vélo en 2025, ce chiffre s’élevant à 65% au centre de l’île.
Montréal affiche la plus forte proportion de cyclistes adultes parmi les grandes villes étudiées, selon l’organisme.
«Beaucoup de gens choisissent le vélo pour leurs déplacements quotidiens», a expliqué Jean-François Rheault, président de Vélo Québec. «Ils le font grâce au réseau cyclable. Au cours des cinq dernières années, on a observé une croissance de 10%, mais une belle croissance qui s’accompagne d’un réseau cyclable sécuritaire et efficace.»
Ces 10% se traduisent par 104 kilomètres supplémentaires (1105 au total) de réseau cyclable structuré.
Cette étude fait suite au rapport État du cyclisme au Québec publié l’année dernière par l’organisme, qui présentait la réalité de la mobilité dans la province.
L’étude a révélé que 78% des cyclistes utilisent leur vélo pour leurs déplacements quotidiens. Elle a également montré que le service BIXI a contribué à cette tendance, l’entreprise ayant enregistré environ 14 millions de trajets, soit quatre fois plus qu’il y a 10 ans.
Selon M. Rheault, il reste un potentiel pour améliorer l’infrastructure cyclable. Il a précisé que 17% des personnes qui ne font pas de vélo en ville seraient intéressées par le vélo si les conditions étaient plus sécuritaires, et que 22% des trajets effectués en véhicule motorisé pourraient être réalisés à vélo, tandis que 46% pourraient l’être à l’aide de vélos cargo ou de vélos cargo électriques.
«Nous avons donc des déplacements, et nous avons des gens qui s’intéressent au vélo», a dit le président de Vélo Québec. «Ainsi, compte tenu de tous ces éléments, il y a encore un potentiel à exploiter.»
Même en hiver, 38% des Montréalais font du vélo entre décembre et mars, grâce aux efforts de la Ville pour déneiger les voies.
Augmentation chez les hommes, stagnation chez les femmes
M. Rheault a expliqué qu’une des raisons d’améliorer la sécurité des pistes cyclables est que, tandis que la pratique du vélo est en hausse chez les hommes, l’intérêt des femmes pour le vélo est resté stable. Cependant, là où les pistes cyclables sont sécuritaires, davantage de femmes font du vélo.
«Sur des lieux comme la rue Saint-Denis, la proportion est vraiment de 50/50», a-t-il avancé. «Nous constatons donc davantage de femmes qui font du vélo sur des infrastructures cyclables sécuritaires. Nous devons donc continuer à construire des infrastructures cyclables sécuritaires, mais nous devons également poursuivre le développement de programmes de sensibilisation.»
Des programmes de sensibilisation comme Toutes à Vélo, conçus par des femmes pour des femmes, contribuent à rendre ce mode de transport accessible aux femmes qui n’ont jamais appris à faire du vélo, selon le président de Vélo Québec.
«La moitié des femmes interrogées ne font pas de vélo parce qu’elles ne se sentent pas en sécurité », a soutenu M. Rheault. «Il y a donc très certainement un lien avec la qualité des infrastructures.»
Quoi qu’il en soit, Vélo Québec estime que le vélo constitue une solution de mobilité bénéfique pour l’économie, l’environnement et la santé de la population.
Avec la collaboration de Christine Long pour CTV News Montréal

