Société

Passer d’un loyer de 1 $ par année à 3500 $ par mois: le combat judiciaire d’un organisme

«On est un centre d’éducation populaire aux adultes, qui donne des services d’alphabétisation, d’éducation populaire à des gens qui ont été laissés tomber par le système d’éducation régulier.»

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Passer d’un loyer de 1 $ par année à 3500 $ par mois: le combat judiciaire d’un organisme Voyez le reportage de Véronique Dubé du 5 février 2026.

Le centre d’éducation populaire Le Carrefour a comme mission d’offrir des services d’alphabétisation et de soutien à des adultes délaissés par le système d’éducation régulier. L’organisme est présentement en grande difficulté, puisqu’il tente de contester devant les tribunaux une hausse de loyer qu’il juge abusive.

«On a eu un bail en 2022 qui nous a fait passer d’un loyer symbolique de 1 $ par année à des milliers de dollars», témoigne la directrice générale du centre d’éducation populaire, Hélène Gadoury. Le loyer qu’elle devra désormais assumer est de 3500 $ par mois.

C’est que Le Carrefour est lié par un bail commercial à son locateur, le Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM). Mme Gadoury juge ce genre de contrat défavorable aux organismes comme le sien.

«Un bail commercial […], on trouve que les clauses sont abusives, que le loyer est beaucoup trop cher par rapport à la mission qu’on a, qui est complémentaire au CSSDM», mentionne-t-elle.

Dans un premier jugement de la Cour du Québec, Le Carrefour a perdu sa cause et a été condamné à payer son loyer. Mme Gadoury déplore que son organisme a été considéré comme une instance commerciale à profit. «On est un centre d’éducation populaire aux adultes, qui donne des services d’alphabétisation, d’éducation populaire à des gens qui ont été laissés tomber par le système d’éducation régulier», martèle-t-elle.

C’est le cas par exemple de Brigitte Lessard. Avant la pandémie, celle qui a une déficience intellectuelle ne savait pas lire. Le Carrefour l’a accompagnée dans sa démarche d’alphabétisation. «Ça m’a permis d’être autonome, ça m’a permis de travailler. J’ai un neveu et une nièce que je garde, c’est moi qui lisais des histoires», a-t-elle témoigné au micro de Noovo Info.

Deux cas, deux mesures?

Un autre centre d’éducation populaire a gagné devant la Cour supérieure et ne devra payer que les frais de chauffage, par exemple. Mme Gadoury ne comprend pas la différence entre cette conclusion heureuse et la fin de non-recevoir à laquelle elle s’est butée. «C’est ridicule. Nos deux missions sont essentielles et doivent être soutenues par le ministère de l’Éducation.»

Justement, la situation d’organismes comme Le Carrefour a récemment été le sujet d’une intervention de Manon Massé à l’Assemblée nationale.

«On les laisse tomber, il n’y a pas de cases pour eux autres! On trouve un peu de financement ici, un peu de financement là. L’enjeu, c’est que l’éducation populaire relève du ministère de l’Éducation», a lancé la députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques.

La ministre de l’Éducation, Sonia LeBel a répliqué à sa collègue en soutenant que les organismes avaient déjà reçu une subvention au cours de l’année. «Ils ont reçu plus de 2 millions $ cette année. Maintenant, ils demandent du financement additionnel? Il y a des litiges et des retours en place, je vais demeurer prudente», a rétorqué la ministre.

Pour éviter que cette saga judiciaire ne se poursuive, les centres concernés encouragent le ministère de l’Éducation à octroyer davantage de subventions récurrentes aux organismes.

Pour le reportage intégral, voyez la vidéo.