Société

Où sont les loyers à 1100$ au Québec? Des centaines de milliers de logements abordables ont disparu du marché locatif

«Ce n’est pas facile, je trouve que les propriétaires ont trop de pouvoir sur la vie des autres.»

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Près de 3000 logements abordables disparus du marché Habitation: le loyer moyen a bondi de 244$ au Québec en trois ans, selon l’organisme Vivre en ville.

Plus de 300 000 logements abordables ont disparu du marché locatif au cours des trois dernières années au Québec, prévient l’organisme Vivre en Ville. On estime qu’environ 20% des logements qui étaient sous la barre des 1100$ par mois n’existent tout simplement plus.

L’organisme, qui a mené un sondage en juin dernier auprès de 5500 locataires, révèle que le loyer ne cesse d’augmenter. «Ces prix ne vont jamais redescendre», déplore Alana-K. La Rosa-Dancoste, coordonnatrice en habitation et en aménagement de Vivre en Ville.

Au micro de Noovo Info, une mère de famille de trois enfants résidant à Montréal dit que son loyer est passé de 2150$ par mois à 2480$ en deux ans.

«Ce n’est pas facile, je trouve que les propriétaires ont trop de pouvoir sur la vie des autres», a-t-elle lancé.

Un registre des loyers demandé

Selon les données, plus du trois quarts de la population serait favorable à la création d’un registre des loyers. En 2023, Vivre en Ville en a créé un pour Montréal qui se fait sur une base volontaire. Plus de 100 000 Montréalais s’y sont déjà inscrits.

La Rosa-Dancoste souligne que la création d’un registre maintiendrait les loyers plus abordables.

Elle estime que la clause G - une section du bail où le propriétaire doit indiquer le loyer le plus bas payé au cours des 12 derniers mois avant le début du nouveau bail - est «brisée» et «ne fonctionne pas».

En pleine campagne électorale, le Parti libéral du Québec propose de plafonner les hausses de loyers dans les résidences pour aînés, tandis que le Parti québécois et Québec solidaire sont favorables au registre des loyers.

Québec solidaire promet d’ailleurs de plafonner les loyers en fonction de l’inflation, limitant à 3 % l’augmentation.

Or, 3% d’augmentation, «c’est beaucoup pour des locataires dont le pouvoir d’achat s’effrite», critique le Benoît Rullier, coordonnateur au Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ).

Pendant ce temps, le taux d’inoccupation des logements a récemment atteint 3 % à Montréal. C’est le seuil qui est considéré pour avoir un marché équilibré.

Mais aujourd’hui, de nombreux comités de logements considèrent la mesure comme erronée.

À voir dans la vidéo.