Le Québec touchera finalement sa part de l’enveloppe fédérale visant à favoriser la construction d’infrastructures pour le logement, après de nombreux mois de discussions. Ottawa lui versera près de 1 milliard $.
Le gouvernement québécois et les municipalités pourront utiliser ces fonds pour moderniser et développer des infrastructures nécessaires à la réalisation de nouveaux projets d’habitation, comme en matière d’eau potable, d’eaux usées et d’eaux pluviales.
Cet argent provient du Fonds canadien pour les infrastructures liées au logement (FCIL), mis sur pied en 2024 à l’époque du gouvernement Trudeau. Ce programme promet 6 milliards $ sur dix ans.
Les négociations entre Ottawa et Québec au sujet du FCIL ont duré plus d’un an. Les deux ordres de gouvernement ont finalement annoncé mercredi la conclusion d’une entente.
Le gouvernement québécois pourra utiliser l’argent en fonction de ses orientations et des besoins sur le territoire.
En plus de soutenir des projets en matière d’eau, les sommes du FCIL peuvent aussi servir à mettre en œuvre des mesures de réacheminement des déchets afin de réduire l’utilisation des sites d’enfouissement.
Cet argent était très attendu par les villes québécoises. Selon la ministre des Affaires municipales, Geneviève Guilbault, «des dizaines de municipalités pourront réaliser des travaux attendus et assurer des services fiables, partout au Québec» grâce à cette entente.
L’absence d’accord entre les deux gouvernements a freiné des investissements essentiels en infrastructures, avance l’Union des municipalités du Québec (UMQ).
«Dans les dernières années, un nombre croissant de municipalités a dû arrêter ou ralentir le développement résidentiel en raison de limites liées à la capacité de leurs infrastructures d’eau», a commenté le président de l’UMQ, Guillaume Tremblay, aussi maire de Mascouche.
Il plaide pour que «les fonds du FCIL soient rapidement disponibles afin de permettre des investissements majeurs qui rendront possible la construction de nouveaux logements».
L’UMQ rappelle que, selon son étude publiée en mai dernier, «plus de 36 000 logements ne pouvaient être construits en raison d’un manque de capacité des infrastructures d’eau».
Que 2 % des besoins couverts
L’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ) a également salué l’annonce, soulignant «que le Québec était jusqu’ici la seule province sans entente pour accéder» aux sommes du fonds fédéral.
Toutefois, en raison de la longueur des discussions, la valeur réelle de l’entente a eu le temps de se déprécier, estime l’APCHQ, puisque «les coûts de construction ont explosé sous les effets de l’inflation et de la volatilité des marchés».
«Cette somme ne couvre que 2 % des besoins, puisque le déficit des infrastructures municipales liées au logement est évalué à près de 49 milliards de dollars au Québec», soutient l’APCHQ dans un communiqué.
Selon l’UMQ, l’enveloppe de près de 1 milliard $ n’est pas proportionnelle au poids de la population du Québec au Canada. Dans ce contexte, la part revenant aux municipalités québécoises aurait dû s’élever à 1,3 milliard $, estime-t-elle.
En plus du financement dans le cadre du FCIL, un autre protocole a été signé entre le gouvernement québécois et l’organisme Maisons Canada pour des investissements dans des projets de logements abordables au Québec.
«L’entente annoncée aujourd’hui est une avancée majeure en habitation. Elle est importante et respecte pleinement les compétences du Québec, ses priorités et son cadre législatif», a déclaré la ministre responsable de l’Habitation, Caroline Proulx, dans un communiqué.
«En collaborant étroitement avec le gouvernement du Québec, nous mettons en place les conditions nécessaires pour accélérer la construction de logements, réduire les obstacles et offrir de réelles solutions aux collectivités», a pour sa part affirmé le ministre fédéral du Logement et de l’Infrastructure, Gregor Robertson.
Québec et Ottawa prévoient travailler ensemble par l’entremise d’une «Table de collaboration conjointe» pour financer des projets de logements abordables «alignés sur des priorités partagées».
Ils s’engagent également à collaborer pour «simplifier et accélérer les processus d’autorisation, et assurer une meilleure coordination entre les partenaires gouvernementaux, municipaux et communautaires».

