Société

Mine Tio à Havre-Saint-Pierre: les Métallos en faveur de l'entente, une grève évitée

Publié le 

Un drapeau du syndicat des Métallos, affilié à la FTQ, photographié lors d'une manifestation à Québec, le 12 mars 2024. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot Un drapeau du syndicat des Métallos, affilié à la FTQ, photographié lors d'une manifestation à Québec, le 12 mars 2024. (Jacques Boissinot)

MONTRÉAL — Les travailleurs de la mine Tio, de Rio Tinto Fer et Titane, à Havre-Saint-Pierre, sur la Côte-Nord, ont voté à 82 % en faveur de l'entente de principe qui était intervenue pour renouveler leur convention collective.

Les 266 travailleurs, membres d'une section locale du syndicat des Métallos, affilié à la FTQ, s'étaient dotés d'un mandat de grève, en juin. Une grève a donc été évitée.

L'entente prévoit une augmentation salariale de 4,25 % dès le 1er septembre, suivie d'augmentations minimales de 2,4 % pour les trois années suivantes, auxquelles sera ajouté un «boni de vie chère», qui permet d'ajuster les salaires en fonction de l'inflation.

Des améliorations ont aussi été apportées aux primes, ainsi qu'au régime de retraite.

«On est très content des conditions qu’on a réussi à aller chercher. Cette convention assure l’avenir pour les quatre prochaines années pour les membres et c’est une bonne nouvelle pour l’économie régionale», a commenté Louis Thériault, président de la section locale du syndicat des Métallos.

Pas 12 heures pour voter

Fait particulier, le syndicat affirme qu'il n'a sciemment pas respecté la nouvelle loi sur la gouvernance et la transparence syndicale, qui oblige les syndicats à tenir de tels votes sur une période d'au moins 12 heures.

En entrevue, le directeur québécois du syndicat des Métallos, Nicolas Lapierre, explique que, dans le cas de la mine Tio, l'employeur avait libéré les travailleurs pour qu'ils puissent se rendre à l'assemblée syndicale pour voter. Il ne voyait pas la nécessité d'étirer le vote sur 12 heures, même si la loi le prescrit.

«Nous, c'est pas vrai qu'on va garder le suspense pour la communauté. On sait qu'à partir du moment où l'employeur libère tout le monde, on sait que tout le monde a l'opportunité de voter. Et le travail va être très bien fait, dans les règles de l'art. Donc, c'est la raison pour laquelle on a sciemment dit: nous, c'est pas vrai qu'on va respecter ce pan de la nouvelle loi qui est, à plusieurs égards, inapplicable», a lancé M. Lapierre.

«Non seulement l'employeur libère les gens, mais l'employeur les paie pour venir à l'assemblée syndicale. Après ça, qu'on vienne me dire que je n'ai pas respecté l'obligation d'un vote sur 12 heures...» s'est-il exclamé.

M. Lapierre soutient que le cas de la mine Tio est la démonstration concrète de l'inapplicabilité de plusieurs dispositions de la loi, qui ne tient pas compte de la réalité des différents milieux de travail.

«Quand on sort d'un conflit de travail, la première chose que demande un employeur, c'est: quand est-ce qu'on va pouvoir repartir les opérations?» relate M. Lapierre, qui négocie des conventions collectives depuis 15 ans. Alors pourquoi obligatoirement étirer le vote sur une période minimale de 12 heures, après avoir présenté le contenu de l'entente aux travailleurs, demande-t-il.

La mine Tio à Havre-Saint-Pierre en est une d'ilménite, un minerai qui sert à produire du dioxyde de titane, qui est utilisé pour blanchir de la peinture, des textiles et du papier, notamment. Le Québec est le seul producteur d'ilménite en Amérique du Nord.

Lia Lévesque, La Presse Canadienne