Société

Metro empêche ce commerçant de vendre des produits alimentaires à bas prix

«C’est le côté noir de la distribution alimentaire qui est de plus en plus exposé.»

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Bras de fer entre un centre de liquidation de Trois-Rivières et l’épicier Metro Un centre de liquidation de Trois-Rivières se fait empêcher par Metro de vendre des produits frais, comme du pain ou des fruits. Malgré les changements visant à limiter ces pratiques restrictives, une clause du bail restreint les activités de l'entreprise.

Metro empêche un commerce de Trois-Rivières de vendre certains produits alimentaires à prix réduit qui permettraient à plusieurs familles d’économiser, et ce, même si la loi interdit d’imposer ce genre de clause.

«Metro a mis des clauses d’exclusivité qu’ils ne veulent pas retirer, malgré la nouvelle loi anti concurrence qui a été votée en 2024», a déploré Mathieu Baron, propriétaire de Boom Liquidation.

Baron Boom Liquidation (Noovo Info)

Il raconte que sa chaîne de sept commerces, qui vendent des produits à bas prix, est en pleine expansion et commence à élargir son offre alimentaire, notamment en proposant désormais fruits, légumes, pain et œufs.

Cette expansion a toutefois été freinée par Metro au centre commercial du secteur Cap-de-la-Madeleine, à Trois-Rivières. Metro clame qu’une clause de bail du centre commercial interdit à Boom Liquidation de vendre des produits offerts par l’épicerie.

Or, une réforme de la Loi sur la concurrence adoptée en 2024 élimine ce genre de clause, rappelle Sylvain Charlebois. Le professeur en agroalimentaire à l’Université Dalhousie ne s’est pas gêné pour dire que Metro tente tout simplement d’empêcher quelqu’un «de bâtir un autre magasin». «Ça ne semble pas être la première fois que Metro fait ça», a-t-il lancé en entrevue avec Noovo Info. «On tente d’éliminer la compétition avant qu’elle émerge.»

«C’est le côté noir de la distribution alimentaire qui est de plus en plus exposé. Et c’est tant mieux.»

—  Sylvain Charlebois, économiste et professeur en agroalimentaire à l’Université Dalhousie
Sylvain Charlebois entrevue (Noovo Info)

Le dossier analysé

M. Baron dit avoir déposé une plainte au Bureau de la concurrence la semaine dernière et espère que cela convaincra Metro de faire marche arrière et qu’il n’y aura pas de saga judiciaire. Les deux partis n’ont toujours pas trouvé de terrain d’entente malgré des tentatives de discussions.

Pour l’instant, le géant épicier a envoyé un document exigeant que Boom Liquidation signe un engagement afin de respecter l’interdiction de vente de produits frais, déplore M. Baron.

«On pouvait seulement vendre des produits secs et congelés uniquement s’ils étaient près de la date de péremption ou périmés.»

Alors que le Bureau de la concurrence doit mener ses travaux de manière confidentielle, il a donc été impossible de commenter le dossier. On assure toutefois que chaque dossier est étudié attentivement.

«Si le Bureau obtient des preuves qu’un comportement enfreint les lois que nous appliquons, nous prendrons des mesures appropriées», indique-t-on dans une réponse écrite.

«Les contrôles de propriété visant des concurrents peuvent soulever de nombreuses préoccupations en matière de concurrence. Cependant, ce ne sont pas tous les contrôles de propriété visant des concurrents qui remplissent les critères juridiques nécessaires pour soulever des problèmes relativement à la Loi sur la concurrence.»

M. Baron attend la réponse du Bureau de la concurrence avec impatience. Il souhaite avant tout «offrir des produits aux clients pour leur permettre de faire de grosses économies».

Boom Liquidation 2 (Noovo Info)

À voir dans la vidéo.