Après des années marquées par une pénurie de logements au Québec, les plus récentes données montrent une hausse de la disponibilité des logements en 2026. Toutefois, la crise qui était axée à la base sur la disponibilité est maintenant orientée davantage vers l’abordabilité.
Les logements disponibles sont souvent parmi les plus chers sur le marché.
À Trois‑Rivières, le taux d’inoccupation des logements a longtemps été très bas. Selon l’Office municipal d’habitation (OMH), il s’élevait à 0,9% et 0,4% au cours des deux dernières années. Il atteint maintenant 2,7%.
Malgré cette amélioration, le prix des loyers continue de grimper. En Mauricie, les loyers ont augmenté de plus de 70% depuis le début de la pénurie. Depuis avril 2025 seulement, la hausse est de 15 %, selon les données du FRAPRU.
«Pour sortir de la pénurie de logements, les gouvernements ont misé sur l’offre, mais sans égard aux prix des loyers. Donc, si on ne construit que des logements privés trop chers, c’est sûr que le loyer moyen va continuer d’augmenter.»
— Véronique Laflamme, porte‑parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)
Le problème est encore plus marqué du côté du logement social, où l’offre demeure largement insuffisante. Les besoins sont estimés à 10 000 logements sociaux, alors que le dernier budget du gouvernement prévoit la construction de 1000 logements abordables. Une situation dénoncée par la Coalition pour les droits des personnes assistées sociales de la Mauricie et du Centre‑du‑Québec (CPDAS).
« [Les logements abordables], ce ne sont pas des logements sociaux, [ce sont] des logements privés qui peuvent se louer, peut‑être 1500 $ et plus par mois. Là, ça veut dire que pour une personne à faible revenu, qu’elle soit à l’aide sociale ou pas, c’est pas, c’est pas accessible. Donc les logements abordables sont pour des gens qui ont des revenus assez élevés pour pouvoir se permettre ça.»
— Pierre Blanchet, CPDAS
Du côté des listes d’attente, une légère amélioration est observée: 480 ménages attendaient un logement social en avril dernier, comparativement à 393 cette année.
Mais pour Pierre Blanchet, les efforts demeurent insuffisants.
«On est très loin de pouvoir répondre aux besoins avec les logements sociaux actuels, avec les budgets qui sont prévus aussi pour les constructions qui sont prévues par le gouvernement.»
Le FRAPRU considère également le logement social comme un élément clé dans la lutte contre l’itinérance et l’appauvrissement.
« L’insuffisance de logements sociaux, elle a des conséquences dramatiques», ajoute Mme Laflamme.
Malgré tout, les organismes de la Mauricie évitent désormais de parler d’une crise du logement le 1er juillet, affirmant accompagner les ménages dans le besoin tout au long de l’année.
À voir dans la vidéo.
