À la veille de l’élection d’un nouveau chef, le bilan de la Coalition avenir Québec (CAQ) en matière de logement est vivement critiqué. Le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) estime que les mesures mises en place depuis 2018 n’ont pas permis de résorber la crise.
Depuis l’arrivée au pouvoir de la CAQ, le FRAPRU soutient que les loyers ont augmenté de 62% au Québec.
«C’est énorme», déplore Stéphanie Barahona, organisatrice communautaire au FRAPRU.
L’organisme reproche notamment au gouvernement Legault d’avoir abandonné le logement social au détriment du logement «abordable» avec son Programme d’habitation abordable Québec (PHAQ).
«Non seulement ce programme n’est pas adapté au développement du logement social, mais il ouvre la porte au marché privé et abandonne progressivement une approche qui prenait en compte la capacité réelle de payer des locataires», dénonce Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU.
Elle soutient que dans le plus récent volet du programme, l’abordabilité peut d’ailleurs être limitée à un nombre d’années fixe et que le prix des loyers demeure très près du marché privé.
«On a martelé la politique de l’offre sans égard à ce qu’on construisait, aux prix et à la capacité de payer des gens. C’est toujours indexé au prix du marché», soutient également Mme Barahona.
L’organisme rappelle aussi que le dernier appel de projets destiné aux ménages à faible et modeste revenus remonte à juin 2023.
Des hausses de loyers de 20% en 2026
De son côté, le Regroupement des comités logements et association de locataires du Québec (RECLALQ) dénonce les augmentations de loyer des dernières semaines alors que certaines hausses ont même atteint 20%.
Ils ont d’ailleurs dénoncé les augmentations abusives et les mauvaises conditions de l’habitation dans une action militante mardi dernier.
«Encore cette année il y a des gens qui ont eu des hausses qui de 100$, 150$, 200$, même quand il y a eu peu ou pas de travaux dans leurs logements», dénonce Steve Baird, organisateur communautaire au RECLALQ.
Il ajoute que le fardeau est toujours aux locataires, qui doivent refuser des augmentations qui vont au-delà de ce que permet la loi et les délais au Tribunal administratif du logement (TAL) rendent la tâche encore plus compliquée.
Les contestations de hausses de loyer au Québec devant le TAL sont en forte augmentation depuis des années. On constate 21 300 demandes de contestation pour l’année 2023-2024 contre 7200 pour l’année 2021-2022.
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