Société

L’itinérance ne cesse de gagner du terrain au Québec; plus de 12 000 personnes à la rue

Les premières données fournies par Québec sur l’état actuel de la situation confirment donc que le phénomène a connu une hausse moyenne de 20% à la grandeur de la province.

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Itinérance: des ressources «un peu à bout de souffle» à la Maison du Père Archives Noovo Info

Le nombre de personnes en situation d’itinérance a continué d’augmenter au Québec, si bien que l’on dénombre désormais plus de 12 000 personnes sans domicile à travers la province, selon une étude qui a été effectuée en 2025.

Les données recueillies pour le ministère de la Santé et des Services sociaux, rendues publiques jeudi, montrent que 12 077 personnes se trouvaient en situation d’itinérance visible dans les 15 régions qui ont participé à l’exercice l’an dernier.

C’est 1873 personnes de plus qu’en 2022.

Les premières données fournies par Québec sur l’état actuel de la situation confirment donc que le phénomène a connu une hausse moyenne de 20% à la grandeur de la province.

C’est dans la région de Montréal où l’on dénombre le plus de personnes en situation d’itinérance, avec 5036 individus, mais la problématique ne se limite pas qu’à la métropole.

Cinq régions du Québec ont connu une augmentation de l’itinérance de plus de 50%: l’Abitibi-Témiscamingue, la Côte-Nord, les Laurentides, Laval et le Saguenay–Lac-Saint-Jean.

On a observé aussi «une accélération plus marquée» de la hausse de l’itinérance extérieure par rapport à celle de l’itinérance hébergée ou incarcérée.

«Les résultats complets du dénombrement 2025, attendus à l’automne 2026, viendront approfondir cette compréhension et soutenir la planification des services ainsi que les efforts de prévention à l’échelle de la province», précise-t-on dans le rapport préliminaire.

«Je ne suis pas surprise»

Appelée à réagir au rapport sur l’itinérance, la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a noté qu’elle ressentait cette tendance à la hausse «sur le terrain depuis longtemps», elle qui a été députée fédérale de Hochelaga.

«Honnêtement, je dois vous dire que je ne suis pas surprise. (...) Je le savais pertinemment qu’il y avait un enjeu lié à l’itinérance, qu’il y avait un enjeu lié au nombre, qui est grandissant», a commenté Mme Martinez Ferrada, qui se trouvait, jeudi, à Montréal, au congrès national du Parti libéral du Canada, au sein duquel elle a été ministre.

«On a mis quand même beaucoup d’argent. Tous les paliers de gouvernement ont mis plus d’argent, et on ne voit pas que ça change. Il faut qu’on s’assoie ensemble, il faut qu’on ait des conservations réelles de coordination de nos efforts pour avoir vraiment (un impact), et ça va passer par le logement, par le logement de transition», a-t-elle fait valoir.

«Donc il doit y avoir une approche d’un “toit d’abord”, puis voyons comment on les accompagne après, mais il est évident que c’est ce filet social que l’on doit collectivement se donner», a-t-elle ajouté.

Elle a souligné que la complexité de l’enjeu fait qu’il n’y a pas qu’une seule solution. «Bien sûr poser la question “Qu’est-ce qu’on fait?”. Mais on doit faire plus, davantage, puis diversifier aussi les solutions, parce que c’est pas juste une seule solution qui va faire qu’on va adresser la question.»

Avec de l’information de la Presse canadienne