Société

L’ex-cheffe de la direction de Yahoo se défend d’avoir utilisé l’IA pour un travail scolaire de sa fille

«J’ai pris la décision de tester le produit pour voir comment il se comportait face à une question difficile», a expliqué Marissa Mayer face aux critiques.

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Sur cette photo d'archive prise ce mercredi 22 janvier 2014, Marissa Mayer, PDG de Yahoo, sourit lors d'une session du Forum économique mondial à Davos, en Suisse. (Michel Euler / AP Photo) Sur cette photo d'archive prise ce mercredi 22 janvier 2014, Marissa Mayer, PDG de Yahoo, sourit lors d'une session du Forum économique mondial à Davos, en Suisse. (Michel Euler / AP Photo)

L’ancienne cheffe de la direction de Yahoo se retrouve sur la défensive après avoir partagé une anecdote concernant l’utilisation de l’intelligence artificielle pour faire l’éloge de sa fille.

Marissa Mayer, cheffe de la direction et fondatrice de Dazzle AI, a copié-collé un courriel provenant de l’école de ses filles jumelles — qui lui demandait de citer trois points clés expliquant ce qui rend l’une de ses filles spéciale — dans une plateforme d’IA nouvellement créée afin d’en tester les limites.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

«Je m’attendais tout à fait à ce qu’elle ait de la difficulté, puisque la plupart des systèmes de reconnaissance faciale ne parviennent même pas à distinguer mes jumelles identiques», a-t-elle écrit sur X mercredi.

Mme Mayer a fait une entrevue avec le New York Times au sujet de Dazzle, un outil d’IA personnel destiné aux mères pour les aider dans leurs tâches quotidiennes.

Le New York Times a rapporté que Mme Mayer se sentait submergée «par l’étendue et la complexité des réponses possibles» à la question concernant sa fille Marielle, âgée de 10 ans. Elle a alors décidé d’utiliser Dazzle.

L’outil d’IA a ensuite décrit la fille de Mme Mayer comme «empathique, créative et amoureuse des animaux», peut-on lire dans l’article publié dimanche.

«Consternant et déchirant»

Cette anecdote a depuis suscité des réactions négatives de la part d’autres parents et de certains défenseurs de l’industrie technologique, qui ont critiqué Mme Mayer pour avoir confié une tâche parentale personnelle à l’IA et ont exprimé leur inquiétude quant à l’impact que l’utilisation de cette technologie pour des tâches familiales pourrait avoir sur des relations importantes.

«Je trouve cela consternant et déchirant», peut-on lire dans une publication LinkedIn de Harpreet Kaur, qui travaille chez Microsoft. «Je ne pense pas qu’elle soit une mauvaise mère. Je pense qu’elle révèle la direction que prend ce domaine et, en tant que parent, je ne suis pas certaine de vouloir m’engager dans cette voie avec l’IA.»

Dylan Jones, un autre utilisateur de LinkedIn, a suggéré que cette anecdote n’était qu’une stratégie de marketing.

«Oui, bien sûr, nous devrions tous être capables de citer les choses qui rendent nos enfants si extraordinaires. Nous ne devrions pas avoir besoin de l’IA pour nous le dire», peut-on lire dans sa publication. «Et Marissa Mayer non plus.»

«Elle a toutefois besoin de faire connaître Dazzle AI, et elle a besoin d’un article du New York Times qui fasse beaucoup de bruit pour générer du trafic», a-t-il poursuivi.

Dans un article publié jeudi dans Fortune, Mme Mayer a répondu aux critiques et a affirmé qu’elle «ne prenait pas la décision délibérée de sous-traiter».

«J’ai pris la décision de tester le produit pour voir comment il se comportait face à une question difficile», a-t-elle expliqué.

Elle a défendu son utilisation du produit en la qualifiant d’«expérience personnelle».

«Ridiculement limitatif»

Dans son message sur X, Mme Mayer a précisé que la plateforme avait non seulement permis de distinguer ses filles jumelles, mais aussi de faire resurgir des projets de maternelle tombés dans l’oubli et de «les relier à la personne qu’est Marielle aujourd’hui».

Photos truquées par l’IA: une dizaine d’étudiants suspendus à Lévis IA: la découverte de photos truquées, mettant en scène du personnel scolaire, a mené à la suspension d’étudiants à Lévis.

Elle a combiné les analyses de la plateforme avec ses propres observations, puis les avoir montrées à son mari.

«Il était stupéfait et m’a demandé comment je me souvenais de ces détails», a-t-elle écrit, ajoutant qu’après lui avoir expliqué comment elle avait utilisé la plateforme, ils s’étaient tous deux «émerveillés de ce que l’IA peut faire ressortir de (leurs) galeries de photos».

Marissa Mayer a précisé dans son message qu’elle n’avait pas utilisé Dazzle parce que le devoir lui semblait difficile. «Je l’ai utilisé parce que résumer son enfant en quelques points me semble ridiculement limitatif», a-t-elle souligné.

Devika Desai

Devika Desai

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National Digital Producer, CTVNews.ca