Alors que le Canada cherche à attirer les investisseurs internationaux, les municipalités canadiennes rappellent au gouvernement fédéral qu’elles ont elles aussi besoin de fonds — et cherchent des investissements pour aider à financer des projets d’infrastructure locaux.
Ce texte est une traduction d’un contenu de CTV News.
La Fédération canadienne des municipalités (FCM) représente près de 2000 collectivités à travers le pays et plus de 90 % des Canadiens d’un océan à l’autre.
L’organisation affirme que 11 % des infrastructures essentielles du Canada — notamment les routes, les conduites d’eau, les égouts et les usines de traitement des eaux usées — sont jugées en mauvais ou très mauvais état.
La Fédération estime également qu’il y a un arriéré de 240 milliards de dollars en réparations nécessaires pour régler le problème.
C’est pourquoi la FCM réclame un financement plus stable et prévisible, notamment un soutien ciblé pour les projets en milieu rural et dans le Nord, ainsi que des fonds pour aider les villes à adapter leurs infrastructures aux changements climatiques.
«On veut juste s’assurer que la maison ne s’effondre pas», a indiqué Tim Tierney, conseiller municipal d’Ottawa, qui est aussi président de la FCM.
Contrairement aux gouvernements fédéral et provinciaux, les municipalités ont peu de moyens pour générer des revenus.
Ça veut dire que les propriétaires pourraient devoir payer plus d’impôts pour couvrir une plus grande partie des coûts d’infrastructure, ou que les réparations et l’entretien pourraient être reportés indéfiniment.
«On ne peut tout simplement pas retourner voir nos contribuables fonciers et leur demander de payer des centaines, voire des milliers de dollars pour bon nombre de ces améliorations», a dit M. Tierney.
«On n’a tout simplement pas les moyens de mettre cette pression sur nos résidents.»
— Tim Tierney, président de la Fédération canadienne des municipalités
L’appel à un financement accru des infrastructures reçoit l’appui de l’Association canadienne de la construction.
Le président de l’association, Rodrigue Gilbert, affirme que le Canada sous-investit dans les infrastructures depuis des décennies, et que les Canadiens en paient déjà le prix.
«Il suffit de suivre un peu l’actualité», a-t-il dit. «Et je suis sûr que vous l’avez vu. Comme à Calgary et à Montréal – littéralement, de l’eau qui jaillit en plein centre-ville et une fuite majeure. Donc, si on ne s’attaque pas à ce problème très bientôt, on va probablement voir ça tous les jours.»
M. Gilbert affirme que les Canadiens ne devraient pas considérer les dépenses d’infrastructure simplement comme une dépense gouvernementale, mais comme un investissement dans l’économie.
La FCM avance un argument similaire en s’appuyant sur ses propres données, affirmant que chaque dollar investi dans les infrastructures génère 1,05 $ dans le produit intérieur brut canadien et plus de 2 $ dans l’activité économique globale, tout en créant des emplois.
La question prend une importance particulière cette semaine, alors qu’Ottawa cherche à diversifier les relations commerciales du Canada et à attirer les investissements étrangers, avec un sommet sur l’investissement qui se tient à Toronto lundi et mardi.
Matthew Holmes, vice-président exécutif de la Chambre de commerce du Canada, soutient que les infrastructures seront essentielles si le Canada veut saisir cette occasion.
«Quand on envisage d’investir dans une nouvelle mine ou un nouveau terminal de GNL, dit-il, on se demande naturellement comment on va transporter ces matières premières. Comment les acheminer vers les marchés? Vers la côte? Vers l’aéroport? Vers la frontière? Ou vers un réseau ferroviaire? Tout ça est lié aux villes.»
M. Holmes souligne que près des trois quarts du PIB du Canada sont liés aux centres urbains, Toronto, Montréal, Vancouver et Calgary en représentant près de la moitié.
«Si on n’a pas de villes fonctionnelles bien reliées au corridor commercial», a-t-il ajouté, «on ne réussira pas.»

