Les ventes d’alcool sont en baisse au Québec, mais celles des produits locaux connaissent une croissance fulgurante.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Ce succès s’explique par un fort élan en faveur de l’achat local depuis le début des tensions commerciales avec les États-Unis.
Le retrait des produits américains des rayons de la SAQ a permis aux producteurs locaux de disposer de plus d’espace pour commercialiser leurs vins. Les ventes de produits québécois ont bondi de près de 70 % en un an.
Parallèlement, les ventes globales de la SAQ ont diminué de 3 %.
«Au cours des cinq à dix dernières années, nous avons constaté d’énormes progrès dans la qualité des vins, grâce à l’expertise grandissante des vignerons des vignobles québécois», a expliqué Matthieu Beauchemin, du Conseil des vins du Québec.
Il estime que 200 millions de bouteilles de vin sont vendues au Québec chaque année, dont cinq millions proviennent des producteurs locaux.
«Nous connaissons une croissance constante et prévoyons atteindre environ sept millions de bouteilles d’ici 2030; c’est donc une bonne nouvelle que de plus en plus de consommateurs goûtent aux vins québécois et les adoptent.»
— Matthieu Beauchemin, président du Conseil des vins du Québec
La sommelière Natalie MacLean affirme que les vins locaux reflètent les goûts de l’époque.
«Les ventes au Québec n’ont jamais été aussi élevées!», s’est-elle exclamée. «La tendance mondiale en matière de styles de vin est à l’allègement. On privilégie donc les vins blancs vifs et rafraîchissants, les vins mousseux et les rosés. On s’éloigne des vins rouges plus lourds et boisés. On recherche des styles à faible teneur en alcool. Le Québec et le Canada sont parfaitement adaptés à la production de ces vins plus légers.»
Elle ajoute que la hausse des ventes de vins locaux stimule également les visites dans les vignobles.
Le vignoble Taillefer Lafon, à Laval, est l’un de ces endroits qui connaît une affluence accrue.
«Les mariages sont très, très populaires en ce moment», a dit Christophe Cadotte. «J’ai déjà réservé presque tous mes samedis jusqu’en 2028. Oui. C’est donc une augmentation considérable de la demande pour nos produits dans notre vignoble local.»
M. Beauchemin affirme que notre saison de culture du raisin, plus courte, était autrefois une malédiction, mais qu’elle est désormais une bénédiction.
«Le type de vins que nous produisons au Québec aujourd’hui est de plus en plus difficile à produire ailleurs dans le monde en raison du réchauffement climatique généralisé», a-t-il exprimé.
Mme Maclean explique que ce qui avait commencé comme un différend, laissant un goût amer à de nombreux amateurs de vin, a en fait laissé un arrière-goût agréable.
«Les gens commencent enfin à goûter aux vins québécois et canadiens; le différend commercial a peut-être déclenché ce changement, mais la tendance se poursuit grâce à ce qu’il y a dans la bouteille», a-t-elle soutenu.

