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Les shampoings coûteux en valent-ils la peine? Voici ce qu’en pensent les experts

Dois-je abandonner mon produit habituel à 8$ acheté en pharmacie pour une marque haut de gamme à 42$?

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Du shampoing posé sur une étagère dans un magasin à Pittsburgh, le 26 janvier 2023. Du shampoing posé sur une étagère dans un magasin à Pittsburgh, le 26 janvier 2023. AP Photo (Gene J. Puskar)

Avec leurs emballages sophistiqués et leurs publicités alléchantes qui prétendent que les shampoings coûteux sont des remèdes miracles pour tous les problèmes capillaires, on peut se demander: leur prix élevé en vaut-il vraiment la peine? Dois-je abandonner mon produit habituel à 8$ acheté en pharmacie pour une marque haut de gamme à 42$?

Selon les experts, les shampoings et après-shampoings abordables vendus en supermarché et en pharmacie sont tout aussi efficaces que les versions coûteuses vantées par des messages et des témoignages séduisants sur les réseaux sociaux. Ils conseillent aux consommateurs d’évaluer les ingrédients contenus dans les produits, leurs propres problèmes de cuir chevelu et de cheveux, ainsi que l’ensemble de leur routine de soins capillaires, et de consulter un médecin en cas de doute.

Selon les dermatologues, les marques haut de gamme peuvent être efficaces et certaines contiennent des ingrédients actifs plus coûteux. D’autres facteurs influencent le prix, notamment la taille de l’entreprise et le fait qu’elle ait investi ou non dans des ingrédients biologiques, une agriculture durable et des matériaux recyclés.

Conseils pour votre type de cheveux

La Dre Crystal Aguh, dermatologue et directrice du programme Ethnic Skin à la Johns Hopkins School of Medicine, explique qu’elle classe généralement les personnes en deux types de cheveux: ceux qui sont sujets aux dommages et ceux qui y résistent.

Les cheveux sujets aux dommages comprennent les cheveux très bouclés, les cheveux traités chimiquement et ceux qui sont coiffés à l’aide d’appareils chauffants. Elle précise que les cheveux résistants aux dommages sont les cheveux gras et les cheveux raides.

Les personnes ayant des cheveux fragiles devraient éviter les shampoings dont le principal ingrédient est le laurylsulfate de sodium, selon la Dre Aguh. Ce dernier élimine une grande partie du sébum, une huile naturelle qui recouvre et protège les cheveux. Sans sébum, les cheveux peuvent devenir très secs et se casser facilement.

Pour les cheveux bouclés ou teints, la Dre Aguh recommande de les laver moins fréquemment afin d’éviter d’éliminer trop de sébum. Elle précise que les personnes ayant des cheveux très bouclés ou crépus ne devraient les laver qu’une fois par semaine. Les personnes ayant des cheveux ondulés et teints devraient les laver tous les deux ou trois jours.

Les cheveux résistants aux dommages, gras et raides, peuvent être lavés tous les jours.

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Concentrez-vous sur le processus, pas sur les produits

Les shampoings et après-shampoings coûteux peuvent être efficaces, mais il existe des produits abordables qui sont tout aussi performants, selon la Dre Aguh. Elle dit à ses patients que «ce ne sont pas les produits, mais le processus» qui influence le plus la santé des cheveux, notamment la fréquence à laquelle ils sont lavés, colorés ou traités à la chaleur.

«Au lieu de dépenser des centaines de dollars en pensant que “si je trouve le bon shampoing et le bon après-shampoing, tous mes problèmes disparaîtront”, il faut aussi examiner votre processus... car c’est souvent cela qui fait la différence», a-t-elle dit.

Elle ajoute qu’il est tout à fait possible de mélanger des produits haut de gamme et des produits grand public, et que les gens ne doivent pas se sentir obligés d’acheter toute une gamme de produits coûteux.

Selon la Dre Aguh, certaines marques courantes sont plus abordables car elles sont fabriquées par de grandes entreprises qui peuvent réaliser des économies d’échelle. Parfois, les marques chères ont une équipe plus réduite et ne disposent pas de la main-d’œuvre et des ressources nécessaires pour bénéficier des mêmes avantages en termes de coûts.

Pour traiter les pellicules, par exemple, la Dre Aguh recommande souvent des shampoings en vente libre plutôt que des formules sur ordonnance. Mais elle ajoute que les personnes souffrant de problèmes de pellicules persistants devraient consulter un médecin.

Un soin pour le cuir chevelu

Le Dr Joe Tung, dermatologue au centre médical de l’Université de Pittsburgh, explique que les gens devraient considérer le shampoing comme un soin pour le cuir chevelu, et non comme un simple produit cosmétique.

«Les cheveux eux-mêmes sont biologiquement inactifs une fois qu’ils ont poussé, mais sous la surface de la peau du cuir chevelu se trouve un écosystème complet composé de cellules souches, de cellules immunitaires, de glandes sébacées et de terminaisons nerveuses», a-t-il indiqué. «Lorsque cet écosystème est équilibré, le cuir chevelu est confortable et les cheveux poussent de manière optimale; lorsqu’il est perturbé, les personnes peuvent souffrir de démangeaisons, de desquamation, d’excès de sébum ou de perte de cheveux.»

Selon le Dr Tung, il faut tenir compte des besoins du cuir chevelu lors du choix d’un shampoing, et choisir un après-shampoing en fonction de la texture et du niveau d’abîmement des cheveux. Il ajoute que les shampoings qui traitent l’inflammation et le déséquilibre microbien sont efficaces contre les pellicules et les démangeaisons, tandis que les cheveux secs ou traités chimiquement peuvent bénéficier d’un nettoyant doux associé à un après-shampoing riche.

Selon le Dr Tung, les shampoings et après-shampoings coûteux valent parfois leur prix, mais l’efficacité d’un produit est déterminée par ses ingrédients actifs et non par sa marque. «Un ingrédient antifongique est efficace en raison de son activité moléculaire, et non parce qu’il est présenté dans un flacon luxueux ou provient d’une marque prestigieuse», a-t-il précisé.

Les shampoings coûteux contiennent généralement des agents revitalisants plus raffinés et des ingrédients apaisants qui peuvent rendre le lavage fréquent des cheveux plus confortable, selon le Dr Tung. Mais certains produits de luxe contiennent des parfums ou des extraits botaniques qui peuvent irriter les peaux sensibles, a-t-il ajouté. Les formules plus simples sont souvent mieux tolérées par les personnes ayant la peau sensible.

Des produits capillaires axés sur la durabilité

Le MOKO Organic Beauty Studio, par exemple, propose des shampoings et des après-shampoings biologiques dont le prix varie entre 24$ et 45$. La propriétaire, Monique Mason, explique que la mission de son salon de Philadelphie est de fournir des produits bons pour le cuir chevelu et pour la planète.

Les ingrédients sont le facteur le plus important parmi les nombreux qui influencent le prix, selon Mme Mason.

Les produits biologiques évitent généralement les sulfates bon marché, les parfums synthétiques et les parabènes largement utilisés dans l’industrie des soins personnels.

Mme Mason précise qu’elle se renseigne également sur la façon dont les marques qu’elle vend fabriquent leurs produits afin de s’assurer que leurs allégations en matière de durabilité peuvent être vérifiées.

«Je cherche à les connaître, à savoir s’il s’agit d’entreprises familiales, comment elles cultivent leurs produits, comment elles s’approvisionnent en ingrédients», a-t-il mentionné.