Un nouveau rapport révèle que les pompiers de Montréal sont plus sollicités que jamais et que, malgré les efforts déployés pour rendre leur travail plus sécuritaire, celui-ci comporte des risques pour la santé à long terme.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
«Ça nous tue», a soutenu Chris Ross, président de l’Association des pompiers de Montréal.
«Vous pourriez prendre tous les autres services d’incendie du Québec, additionner le nombre de leurs interventions, et vous n’atteindriez pas, de loin, le nombre d’incidents auxquels les pompiers de Montréal doivent faire face.»
— Chris Ross, président de l’Association des pompiers de Montréal
Un nouveau rapport montre que les pompiers sont intervenus lors de plus de 140 000 incidents l’année dernière. Six appels sur dix impliquent désormais que les pompiers agissent en tant que premiers intervenants lors d’urgences médicales.
Le rapport attribue cette augmentation en partie au vieillissement de la population, aux maladies chroniques et à une année marquée par des phénomènes météorologiques extrêmes.
Il met également en avant de nouvelles mesures visant à réduire l’exposition aux contaminants toxiques grâce à un meilleur nettoyage des équipements de protection.
M. Ross se réjouit de ces progrès, mais il estime que la ville avance trop lentement.
«C’est une exigence depuis 2020», a-t-il souligné. «Ce qui a changé pour nos pompiers n’est entré en vigueur que le 27 janvier 2025, et c’est parce que nous nous sommes plaints à la CNESST que cela prenait trop de temps, et qu’il y a eu une intervention de la part de la CNESST.»
Bien que la Ville de Montréal n’ait pas fourni de commentaire à CTV News samedi, M. Ross souligne le lourd tribut payé en matière de santé.
Plus de 350 cancers liés au travail ont été reconnus chez les pompiers de Montréal au cours des 15 dernières années.
Plus de 100 pompiers sont décédés.
Le Dr Danny Whu, médecin-chef de l’Association internationale des pompiers, affirme que les risques d’exposition accompagnent les pompiers tout au long de leur carrière.
«Nous sommes confrontés à des agents cancérigènes professionnels dans tous ces environnements, qu’ils soient courants ou d’urgence, à la caserne, sur les lieux d’un incendie ou sur les lignes de feu», a affirmé le Dr Whu.
Il note que même les nouveaux équipements de protection contiennent des produits chimiques ignifuges connus pour être cancérigènes, et il ajoute que les matériaux de construction modernes augmentent également les risques.
«Il y a beaucoup de matériaux synthétiques – et les feux brûlent plus chaud, plus vite et dégagent plus de substances toxiques que jamais.»
— Dr Danny Whu, médecin-chef de l’Association internationale des pompiers
L’exposition n’est qu’une partie du problème.
Le Québec reconnaît moins de cancers professionnels que des provinces comme la Colombie-Britannique, ce qui signifie que le bilan réel pourrait être encore plus lourd que ne le suggèrent les chiffres officiels.
«Nous devons miser sur la prévention», a conseillé Chris Ross. «Nous devons miser sur le dépistage, et nous devons améliorer la reconnaissance de ces cas.»
