Société

Les restrictions sur les prières changent les pratiques dans certains milieux

Le Québec a adopté la Loi sur la laïcité de l’État en avril. Les nouvelles dispositions sont entrées en vigueur le 1er septembre.

Mis à jour le 

Publié le 

La station Jarry du métro de Montréal, le 20 mars 2026. La Société de transport de Montréal indique que ses employés ne peuvent plus prier nulle part sur les lieux de travail. LA PRESSE CANADIENNE/Christopher Katsarov La station Jarry du métro de Montréal, le 20 mars 2026. La Société de transport de Montréal indique que ses employés ne peuvent plus prier nulle part sur les lieux de travail. LA PRESSE CANADIENNE (Christopher Katsarov)

Les nouvelles restrictions en matière de prière modifient les règles en vigueur dans les lieux de travail publics et sur les campus, les employés et les étudiants se voyant maintenant imposer de nouvelles limites quant aux endroits où ils peuvent prier.

Le Québec a adopté la Loi sur la laïcité de l’État en avril. Les nouvelles dispositions, entrées en vigueur le 1er septembre, prévoient notamment l’interdiction des salles de prière dans les institutions publiques, telles que les universités, les collèges et les sociétés de transport.

La loi interdit également les pratiques religieuses collectives sur la voie publique et dans les parcs, sauf si une municipalité accorde une autorisation au cas par cas.

Ces mesures ont suscité l’opposition de groupes religieux et de défense des libertés civiles, qui ont fait part de leurs inquiétudes concernant la liberté de religion et de réunion.

Le Conseil national des musulmans canadiens a déclaré que cette loi discréditait la liberté de religion et semait la division au Québec, tandis que des responsables catholiques ont averti qu’elle pourrait entraîner des répercussions sur des traditions religieuses, comme les processions du Vendredi saint.

À la Société de transport de Montréal (STM), les employés ne peuvent plus prier nulle part sur les lieux de travail, y compris dans les quatre salles de bien-être où la prière était jusqu’à présent autorisée.

Ces salles restent ouvertes, mais uniquement pour les activités autorisées, telles que la méditation, la relaxation et le yoga. Les nouvelles règles ont été affichées à l’entrée et à l’intérieur des salles.

La STM souligne qu’elle ne peut surveiller que ce qui est visible, comme les rituels religieux, les prières accompagnées de gestes ou les prières prononcées à voix haute.

La porte-parole de la STM, Amélie Régis, a indiqué que les responsables qui seraient témoins d’une pratique religieuse sur le lieu de travail sont invités à aborder les employés «avec bienveillance» pour leur rappeler les règles et déterminer comment la STM peut les aider à s’adapter à ce changement.

«Il reste important pour nous de faire preuve de bienveillance envers nos employés confrontés à ce changement et de les soutenir», a-t-elle déclaré.

Elle a précisé que les employés peuvent quitter les locaux de la STM pendant leur temps personnel non rémunéré, comme les pauses ou les heures de repas, s’ils souhaitent prier, à condition que cela n’entrave pas leur travail.

Ces changements se font également sentir sur les campus. À l’Université de Montréal, les responsables hiérarchiques et le personnel de sécurité ont reçu des consignes concernant la nouvelle loi, selon lesquelles les personnes souhaitant prier seront contraintes de quitter le campus.

La porte-parole Geneviève O’Meara souligne que l’université ne disposait pas de salles dédiées à la prière avant l’entrée en vigueur des nouvelles restrictions.

L’Université du Québec à Montréal ne disposait pas non plus d’espaces réservés à la prière avant l’entrée en vigueur des nouvelles règles.

«L’UQAM se conformera à ses obligations prévues par la loi», a assuré la porte-parole Jenny Desrochers dans une déclaration écrite.

De son côté, le Service de police de la Ville de Montréal n’a pas répondu aux questions concernant la manière dont les restrictions sont appliquées.