La mairesse montréalaise, Soraya Martinez Ferrada, a confirmé vendredi que le processus qui mènera à l’implantation de caméras corporelles pour les policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) était entamé. Ce sont 3500 agents qui en seront munis.
«Lorsqu’une intervention policière est remise en question, les citoyens comme les policiers ont intérêt à ce que nous puissions établir les faits. La caméra permet d’avoir une trace objective d’une intervention», a relaté l’élue lors d’une conférence de presse.
Le déploiement des caméras se fera de manière «progressive», a expliqué la mairesse. L’ensemble de l’effectif policier devrait en être équipé d’ici quatre ans. Les premières caméras feront leur apparition dans la prochaine année.
Cette nouvelle survient quelques mois après qu’un scandale a éclaté dans un poste de police d’un quartier multiculturel, où les autorités ont dissous une unité de patrouille composée de 16 membres à la suite d’allégations de comportement raciste et criminel.
Pas moins de 600 véhicules de police seront aussi équipés de caméras qui permettront la lecture automatique des places d’immatriculation. On va aussi mettre en place un registre volontaire de caméras privées afin d’aider les policiers dans leur travail.
Mme Martinez Ferrada avait indiqué en juin dernier avoir discuté avec le vice-premier ministre et ministre de la Sécurité intérieure, Ian Lafrenière, afin de faire avancer le projet sur le port de caméras de surveillance corporelles intégrées à l’uniforme des policiers du SPVM.
«Montréal on est prêt. On s’attend à ce que le gouvernement du Québec fasse sa part aussi», a-t-elle lancé en conférence de presse.
La Ville de Montréal avait déjà prévu d’investir 40 millions $ pour le déploiement de caméras corporelles et de caméras d’intervention sur les véhicules de police. «Pour assurer une implantation fluide et rigoureuse, la Ville mènera des consultations auprès des groupes concernés afin d’encadrer le déploiement de ces nouveaux outils et de tenir compte de leur réalité respective», a expliqué la Ville.
La Ville instaure aussi un règlement qui encadrera les menaces, insultes et les comportements d’incivilité en nette augmentation depuis quelques années. Les contrevenants s’exposeront à des amendes pouvant aller jusqu’à 1000$ pour une première offense.
Les récidivistes pourraient recevoir des contraventions de 2000$.
«Malheureusement, depuis 2019, les situations d’incivilité, agressivité, de menaces et de violence envers le personnel de la ville ont augmenté de 263%. C’est inacceptable», s’est désolée la mairesse. «Au SPVM seulement, elles représentent 36 % de l’effectif policier», a-t-on précisé.
Ce règlement fera l’objet d’une motion au conseil municipal du 24 août prochain en vue d’une adoption au conseil municipal de septembre.
Mme Martinez Ferrada a précisé que l’objectif de ce règlement n’est pas d’empêcher la critique, mais de protéger les employés municipaux contre les abus.
Finalement, la Ville a donné le mandat à la Commission de la sécurité publique de recueillir les rétroactions sur les directives qui balisent les critères d’interpellation policière.
Avec de l’information de la Presse canadienne