Société

Les phénomènes météorologiques extrêmes font grimper le coût de l’assurance

«Ça a été un véritable coup de poing dans le ventre. Ça m’a complètement anéanti.»

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Ottawa massive floods Des inondations massives ont frappé Ottawa, tandis que les résidents tentent d'évaluer l'ampleur des dommages subis. (Paul Maloney via CTV News)

Deux semaines après que de fortes pluies à Ottawa ont provoqué le refoulement des égouts dans des dizaines de maisons de la ville, les résidents continuent d’évaluer et de calculer le coût des dommages.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Paul Maloney a vu l’eau monter dans son sous-sol jusqu’à mi-cuisse, au point que sa laveuse et sa sécheuse ont commencé à flotter

Ces dégâts ont contraint M. Maloney à remplacer sa fournaise, son chauffe-eau et son climatiseur, ce qui, selon lui, lui a coûté environ 15 000 $, sans compter les frais liés à l’enlèvement de toutes les moquettes et à la découpe de trois pieds de cloison sèche.

Ottawa massive floods La laveuse et la sécheuse de Paul Maloney figuraient parmi les biens endommagés par les inondations massives qui ont frappé Ottawa. (Paul Maloney via CTV News)

Cependant, M. Maloney affirme que sa compagnie d’assurance ne couvrira aucun de ces dommages, car il a déjà présenté deux autres réclamations pour inondation au cours des dernières années.

«Je suis monté à l’étage, je me suis allongé sur le lit, et je me suis dit: “Bon, quelle est la prochaine étape?”», a raconté M. Maloney, décrivant le moment où son assureur l’a informé que la réclamation serait refusée.

«Ça a été un véritable coup de poing dans le ventre. Ça m’a complètement anéanti.»

—  Paul Maloney

Les phénomènes météorologiques extrêmes devenant de plus en plus fréquents, il est de plus en plus difficile pour certains d’obtenir une protection contre les catastrophes naturelles soudaines. La police de M. Maloney ne couvrait pas les inondations de surface ni le refoulement des égouts en raison de ces deux réclamations récentes.

«Une compagnie d’assurance pourrait dire: “Nous n’allons plus offrir cette couverture, car cela n’a aucun sens pour une compagnie d’assurance de verser des dizaines de milliers de dollars chaque année, ou tous les deux ans, pour la même chose”», a affirmé Anne Marie Thomas, directrice des relations avec les consommateurs et l’industrie au Bureau d’assurance du Canada.

Ottawa massive floods Des inondations massives ont frappé Ottawa, tandis que les résidents tentent d'évaluer l'ampleur des dommages subis. (Paul Maloney via CTV News)

Mme Thomas explique que, du point de vue d’une compagnie d’assurance, un événement n’est plus soudain ni inattendu si une région donnée est inondée chaque printemps, ou si elle a été inondée deux fois au cours des cinq dernières années. Elle ajoute que les compagnies d’assurance ne sont pas la solution à ce problème.

«Nous avons besoin d’une meilleure planification de l’aménagement du territoire», a soutenu Mme Thomas.

«Il faut que tous les paliers de gouvernement travaillent ensemble. Nous essayons de faire de notre mieux, mais nous ne représentons qu’une petite partie d’un vaste enjeu.»

—  Anne Marie Thomas, directrice des relations avec les consommateurs et l’industrie au Bureau d’assurance du Canada

Alors que les phénomènes météorologiques extrêmes se multiplient, un rapport publié en juin par Statistique Canada met en lumière la pression à laquelle sont confrontés les assureurs canadiens, ce qui les oblige à augmenter leurs primes. Les primes d’assurance habitation et hypothécaire des propriétaires ont augmenté de 45 % entre décembre 2019 et décembre 2025, en raison d’une hausse des réclamations en assurance de biens et de risques divers. L’étude a révélé que cette hausse est plus du double de celle de 21 % enregistrée par l’indice des prix à la consommation global au cours de la même période.

Record des sinistres catastrophiques

StatCan a également constaté que les sinistres catastrophiques au Canada ont atteint un nouveau record en 2024, s’élevant à 8,6 milliards de dollars cette année-là. Ce chiffre a éclipsé le record établi en 2016, qui s’élevait à 6,2 milliards de dollars.

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Selon l’étude, ce sont les conditions météorologiques extrêmes, aggravées par les changements climatiques, qui ont entraîné cette flambée des réclamations.

L’étude a relevé que les quatre événements catastrophiques majeurs suivants se sont produits au troisième trimestre de 2024: la tempête de grêle à Calgary (3 milliards de dollars), l’incendie de forêt à Jasper (1,1 milliard de dollars), les inondations au Québec (2,7 milliards de dollars) et les inondations en Ontario (990 millions de dollars).

Depuis le début du suivi des données en 1983, chaque année de 2020 à 2025 s’est classée parmi les «10 années les plus coûteuses» en matière de réclamations liées aux phénomènes météorologiques extrêmes, selon StatCan.

Mike Le Couteur

Mike Le Couteur

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Senior Political Correspondent, CTV National News