Les phares des véhicules sont devenus plus puissants au fil du temps grâce aux progrès technologiques, selon Kartikeya Murari, professeur à la Schulich School of Engineering de l’Université de Calgary
«Les changements les plus importants ont concerné le type de lampes utilisées», a-t-il indiqué mardi à l’émission CTV Your Morning. «Autrefois, on utilisait des lampes à incandescence — c’est-à-dire les mêmes lampes au tungstène que nous avions il y a peut-être 20 ans — puis on est passé aux lampes halogènes, et la technologie actuelle repose sur les diodes électroluminescentes.»
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
M. Murari explique qu’un dispositif à diode électroluminescente (DEL) projette une lumière blanche et qu’il contient des proportions différentes de rouge, de bleu et de vert par rapport à d’autres types de dispositifs d’éclairage.
«Les phares modernes sont également beaucoup plus petits», a-t-il ajouté. «Nous les percevons donc comme étant plus puissants, car la même quantité de lumière est émise par une surface plus petite.»
Transports Canada et la National Highway Traffic Safety Administration s’apprêtent à co-organiser la Conférence technique internationale sur l’amélioration de la sécurité des véhicules, qui débute aujourd’hui à Toronto.
La conférence, qui rassemble des constructeurs automobiles, des régulateurs et des chercheurs pour discuter de l’amélioration de la sécurité routière, se tiendra jusqu’à vendredi. Le thème de cette année est l’évolution technologique pour des véhicules plus sûrs.
«Potentiellement dangereux»
Transports Canada a lancé une enquête nationale entre le 6 mars et le 20 avril pour interroger les Canadiens sur leur expérience des phares de véhicules et de l’éblouissement nocturne.
«Si les nouvelles technologies de phares peuvent aider les conducteurs à mieux voir, elles peuvent aussi causer des problèmes aux autres usagers de la route», a-t-on mentionné. «Transports Canada souhaite comprendre comment l’éblouissement par les phares affecte les usagers de la route et quelles caractéristiques des véhicules ou de l’éclairage peuvent influencer la façon dont les gens le perçoivent la nuit.»
L’enquête s’est concentrée sur les expériences de conduite de nuit, les facteurs contribuant à l’éblouissement par les phares, le comportement des conducteurs et les solutions.
Le professeur estime que la réglementation doit s’adapter à l’évolution de la technologie.
«Les normes sont un peu trop laxistes, et qu’il y a peut-être un décalage entre ce que nous percevons et ce que les instruments peuvent mesurer», a soutenu Kartikeya Murari.
Selon lui, les normes doivent tenir compte de la température de couleur ou du spectre lumineux des phares. Il a ajouté que l’évolution des phares des véhicules constituait également un risque pour les conducteurs sur la route.
«Beaucoup d’entre nous compensent en évitant de regarder directement la lumière (...) c’est certainement une nuisance et cela peut s’avérer dangereux», a-t-il prévenu.
