Dans le sous-sol de la maison familiale à Calgary, Alex Ghebreyohans, âgé de 24 ans, est entouré de l’univers qu’il a créé. Les murs sont recouverts de ses portraits au fusain aux détails complexes et de ses peintures à l’huile colorées.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Ghebreyohans, qui est autiste et s’exprime très peu verbalement, est un artiste dont les dessins sont devenus un moyen puissant de s’exprimer.
Lorsqu’on lui a demandé ce qu’il aimait dessiner, Alex Ghebreyohans a offert un rare aperçu de sa pensée par des mots.
«Portrait… paysage… animal», a-t-il dit.
Cadet d’une fratrie de quatre enfants, Alex Ghebreyohans a reçu son diagnostic à l’âge de 18 mois.
«Alex est un cadeau de Dieu», a affirmé sa mère, Natsenet Adhanom.
«C’est un cadeau pour moi.»
— Natsenet Adhanom
Mme Adhanom et son mari, Tekhlit Melss, affirment qu’il leur a d’abord été difficile d’accepter le diagnostic, mais que leur engagement à soutenir leur fils est resté inébranlable.
Très tôt, il est devenu évident qu’Alex adorait dessiner.
Son père se souvient que son fils dessinait sur presque toutes les surfaces qu’il pouvait trouver.
«À la maison, sur tout — même les murs, le plancher», a expliqué M. Melss.
À mesure que l’intérêt de Ghebreyohans pour l’art grandissait, l’engagement de sa famille à l’aider à le développer s’intensifiait également. Il a suivi des cours d’art tout au long de sa scolarité et, après avoir obtenu son diplôme de 12e année, ses parents ont consacré du temps à l’aider à perfectionner son art.
Toutes les deux semaines, les parents d’Alex Ghebreyohans font environ trois heures de route de Calgary à Edmonton pour l’emmener à ses cours d’art, passant la nuit dans un hôtel afin qu’il puisse passer la fin de semaine à travailler avec son professeur de longue date, Festum Teclemariam.
M. Melss explique que la concentration de son fils peut être extraordinaire.
«Samedi: cinq heures. Dimanche: cinq heures», dit-il en décrivant les cours de fin de semaine d’Alex. «Après ça, dix heures. Sans interruption.»
Le père explique qu’Alex peut être tellement absorbé par son travail qu’il reste debout à peindre pendant des heures sans faire de pause.
M. Teclemariam travaille avec Alex depuis sept ans et affirme qu’il se démarque parmi les centaines d’élèves qui sont passés par son atelier.
«C’est l’un des meilleurs», a soutenu l’homme.
Le professeur d’art a expliqué qu’Alex possédait déjà une motivation intérieure pour créer lorsqu’ils ont commencé à travailler ensemble. Son rôle, a-t-il précisé, était de la nourrir.
«Il a quelque chose qui le motive», a indiqué M. Teclemariam. «Ensuite, je dois allumer la flamme — vous savez, le feu. C’est ce que j’ai fait.»
Ce dévouement s’est traduit par une œuvre de plus en plus abondante. Certaines œuvres prennent des mois à réaliser, allant de dessins au fusain à des peintures à l’huile représentant des paysages et des scènes liées à l’héritage érythréen de sa famille.
Bon nombre de ces œuvres ont récemment été présentées dans le cadre d’une exposition d’art — un rêve dont ses parents étaient fiers de voir se réaliser.
«Nous sommes tellement heureux», a exprimé Mme Adhanom.
Mais pour la famille d’Alex, cette exposition représentait bien plus qu’une étape artistique importante. Ils espèrent que ses réalisations pourront encourager d’autres parents qui élèvent des enfants ayant des besoins particuliers à les accepter, à cultiver leurs forces et à leur offrir des occasions de découvrir leur potentiel.
«S’ils peuvent les soutenir — maman et papa —, ils changeront», a soutenu Adhanom, faisant référence à l’influence que l’encouragement et le soutien des parents peuvent avoir sur le développement d’un enfant.
Pour les parents d’Alex, l’exposition n’était que le début de son parcours artistique.
Un jour, ils espèrent que leur fils aura son propre atelier — un endroit où il pourra continuer à peindre et à s’exprimer à travers l’art qui est devenu une partie si importante de sa vie.

