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Les médecins spécialistes iront de l’avant avec un nouveau moyen de pression, Legault dit «ça suffit»

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Les médecins spécialistes veulent être payés plus cher, Legault réplique Devant l’«attitude intransigeante» du gouvernement dans les négociations avec la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), on recommandera aux médecins de ne plus utiliser la plateforme du Centre de répartition des demandes de services (CRDS). Ce nouveau moyen de pression sera en vigueur le 16 mars prochain.

Devant l’«attitude intransigeante» du gouvernement dans les négociations avec la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), on recommandera aux médecins de ne plus utiliser la plateforme du Centre de répartition des demandes de services (CRDS). Ce nouveau moyen de pression sera en vigueur le 16 mars prochain.

Les CRDS sont les guichets d’accès aux spécialistes qui traitent les requêtes des médecins de famille et des infirmières praticiennes spécialisées de première ligne. Les consultations seront plutôt offertes par d’autres moyens.

«Cet outil en place depuis 10 ans ne fonctionne pas […] ce système occasionne beaucoup de “no show”», a expliqué en point de presse le président de la FMSQ, Dr Vincent Oliva, jeudi.

«C’est un moyen de pression dans le sens où le gouvernement veut imposer [...] une plateforme qui ne fonctionne pas. On dit au gouvernement “On n’acceptera pas de fonctionner dans cette imposition-là.” C’est pour faire réfléchir», a dit le Dr Oliva qui parle de grand problème d’organisation au sein du système.

Les patients n’ont rien à craindre pour leurs consultations futures. «Tous les rendez-vous pris via le CRDS seront honorés», a confirmé le Dr Oliva, qui souligne que ce moyen de pression vise à ce que le gouvernement Legault soit plus souple dans ses exigences. «Le but [...] ce n’est pas de prendre qui que ce soit en otage», a dit le président de la FMSQ.

D’autres moyens de pression ont été évoqués par les membres de FMSQ, mais «on n’est pas rendu là», a relaté le Dr Oliva. Rappelons que l’automne dernier, les médecins spécialistes avaient arrêté d’enseigner aux étudiants en médecine.

Orgueil «mal placée»?

Le Dr Oliva a mentionné que le gouvernement négociait «en matamore» ajoutant que les négociations n’étaient «pas normales». «Ça fait un mois qu’on ne discute pas. Il y a des discussions de coulisses […], mais le blocage est au niveau du premier ministre […] Y a-t-il de l’orgueil mal placé?», s’est questionné le Dr Vincent Oliva.

Un peu plus tôt, dans les couloirs de l’Assemblée nationale, le premier ministre François Legault a réitéré que la hausse de rémunération offerte aux médecins spécialistes est amplement suffisante.

«Ça suffit, a-t-il lancé jeudi matin en se rendant au Salon rouge. On leur offre une augmentation de 11 %. […] Je pense que c’est suffisant, et je pense que les Québécois sont d’accord avec ça», a lancé M. Legault visiblement exaspéré.

Le premier ministre fait valoir qu’un médecin spécialiste qui travaille à temps plein gagne en moyenne 550 000 $ par année, et que l’augmentation offerte ferait passer ce montant à 600 000 $.

La FMSQ — qui réclame une hausse de 14,5 %, ce qui inclurait les bonis pour l’atteinte de cibles — a entamé, vendredi dernier, une nouvelle ronde de moyens de pression.

Pour sa part, la présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau, a évoqué jeudi la «fin» des négociations. «L’entente, elle va se solder à cette proposition-là. C’est notre dernière proposition», a-t-elle déclaré.

La ministre a affirmé par ailleurs avoir pris des «engagements importants» concernant la disponibilité des salles d’opération, notamment.