MONTRÉAL — Les ingénieurs du gouvernement du Québec ont voté en faveur de l'hypothèse de règlement qui leur avait été soumise en conciliation, permettant finalement de renouveler leur convention collective, échue depuis plus de trois ans.
C'est dans une proportion de 91,6 % qu'ils ont voté en faveur de cette proposition de règlement, à l'issue d'un vote qui s'est étendu sur quelques jours et qui se terminait mardi en fin d'après-midi. Et le taux de participation est élevé, à 92,7 %.
Ils sont 1900 ingénieurs, membres de l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ) — un syndicat indépendant des centrales syndicales.
Ils travaillent principalement au ministère des Transports, mais aussi à ceux des Ressources naturelles, de l'Environnement, de la Cybersécurité et des Affaires municipales.
Ils se sont dotés d'une convention collective de très longue durée, soit sept ans. Elle sera donc en vigueur jusqu'en 2030.
Ces ingénieurs avaient déjà débrayé durant quelques jours en 2025, puis en 2026, avant de déclencher une grève illimitée, avec services essentiels, le 6 juillet. Le syndicat avait mis fin à la grève le 17 août, après avoir accepté de soumettre la proposition de règlement du conciliateur à ses membres.
«Je ne saute pas de joie»
En entrevue, le président du syndicat, Marc-André Martin, s'est dit satisfait, compte tenu du contexte de grève et de la très longue durée de cette négociation. «C'est satisfaisant, mais je ne saute pas de joie.»
«Aujourd'hui, on faisait face à un scénario où on poursuivait plusieurs semaines de grève ou on empochait nos gains, puis on remettait à plus tard le reste des conflits. Honnêtement, les gens, lors de l'assemblée, on ne saute pas de joie. C'est satisfaisant, en l'occurrence, dans le contexte actuel», a-t-il commenté.
Certains désaccords, en effet, se régleront devant les tribunaux.
Au plan salarial, il évalue que les ingénieurs ont obtenu un règlement comparable à celui du secteur public, en plus de certaines mesures pour les ingénieurs en début de carrière, pour les ingénieurs seniors et pour limiter les tâches administratives que les ingénieurs ont à accomplir, par exemple.
Le président de l'APIGQ garde une certaine amertume, vu les trois années écoulées depuis l'échéance de la convention collective et les six semaines de grève.
«On trouve qu'on n'aurait jamais dû avoir à faire ce conflit-là, de faire six semaines de grève. On aurait pu s'entendre sans grève. Aujourd'hui, on s'en sort quand même avec un règlement satisfaisant, je crois, de part et d'autre. Mais ce conflit-là aurait pu être évité. Je suis déçu un peu du fait qu'on ait été obligé de faire toutes ces pressions-là», a conclu M. Martin.
Des associations de constructeurs de routes et de génie-conseil avaient en effet estimé que 150 chantiers avaient été ralentis ou paralysés par la grève des ingénieurs du gouvernement.
Lorsque les discussions en médiation-conciliation avaient mené à cette proposition de règlement, à la mi-août, le ministre du Travail, Jean Boulet, s'en était félicité. «Une excellente nouvelle et le résultat d’un important travail de dialogue», avait-il commenté, en attente des résultats du vote.
Lia Lévesque, La Presse Canadienne

