Les ingénieurs du gouvernement du Québec viennent de se doter d'un mandat de grève, et ce, dans une proportion de 87,5 %.
Il s'agit d'un mandat de moyens de pression pouvant aller jusqu'à la grève générale et illimitée. Celui-ci pourrait donc prendre diverses formes, selon la stratégie qui sera déployée.
Ils sont 1900, membres de l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ) — un grand syndicat indépendant.
Ils travaillent au sein de différents ministères, principalement celui des Transports, mais aussi ceux de l'Environnement, des Affaires municipales, des Ressources naturelles et de la Cybersécurité.
En entrevue jeudi, le président de l'APIGQ, Marc-André Martin, s'est dit «très satisfait» du fort mandat de grève reçu de la part de ses membres, avec, d'ailleurs, un taux de participation de 86,8 %.
«Les gens ont été choqués d'apprendre que le gouvernement nous croyait non mobilisés. Ils ont répondu à l'appel. Puis, on se pose vraiment la question: à quoi le Conseil du trésor joue, en ce moment? S'il faut montrer qu'on est mobilisé pour être considéré comme un groupe prioritaire, bien j'ai des nouvelles pour eux: en termes de mobilisation, ils vont être servis», a lancé M. Martin.
La convention collective est échue depuis le 31 mars 2023, soit en même temps que celles des secteurs public et parapublic.
Ces ingénieurs du gouvernement avaient déjà débrayé durant huit jours, en 2025, dans le cadre de la même négociation, qui traîne en longueur.
Le litige porte sur le télétravail, l'aménagement des bureaux et, surtout, sur l'octroi d'une «enveloppe sectorielle» destinée à financer des avantages spécifiques et qui permet d'aller au-delà des 17,4 % d'augmentations salariales sur cinq ans qu'ont eues l'ensemble des employés de l'État.
Aucune autre séance de négociation n'est prévue pour l'instant. L'APIGQ doit toutefois informer Québec de la teneur de son mandat de grève.
Le Conseil du trésor a indiqué, au cours des derniers jours, être pleinement conscient du rôle important joué par les ingénieurs du gouvernement.
Dans une lettre qu'elle avait fait parvenir à M. Martin, qui avait sollicité en vain une rencontre avec elle, la présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau, avait assuré offrir aux ingénieurs les mêmes paramètres que ceux qui ont été accordés aux autres employés de l'État.
«Dans le cadre de la négociation, il importe de souligner que les mesures monétaires qui vous sont accessibles sont comparables à l’enveloppe monétaire applicable aux autres groupes généraux des secteurs public et parapublic. Toutefois, je me dois également de préciser que la hauteur de vos demandes est largement supérieure à cette enveloppe et que l’équité entre les groupes doit être respectée», avait affirmé la ministre.
Elle l'avait invité à poursuivre les discussions en médiation.
Lia Lévesque, La Presse Canadienne

