Les derniers jours ont été particulièrement froids et les haltes-chaleur mises en place au centre-ville de Montréal ont été très achalandées.
Près de 5000 personnes en situation d’itinérance ont eu recours aux haltes-chaleur de l’Hôtel-Dieu et du YMCA depuis qu’elles sont ouvertes.
Mohammad, 69 ans, s’est rendu dans les différentes haltes-chaleur tous les jours pour pouvoir se réchauffer, prendre une douche et manger au chaud.
Il est arrivé au pays en 2004 après que sa maison en Afghanistan a été bombardée. Il raconte qu’il a été blessé dans le dos et dans la jambe lors de l’attaque dans laquelle il a perdu tous les membres de sa famille. Étant donné qu’il est à mobilité réduite, il n’est pas admis dans les refuges. Il doit donc chaque jour se déplacer constamment.
«Ce n’est pas normal», dit-il.
Mais il n’est pas le seul à avoir utilisé les ressources mises en place par la Ville de Montréal pour le temps froid. Selon les données d’Ambulance Saint-Jean, la halte-chaleur du YMCA a accueilli en moyenne 125 personnes par jour depuis le mois dernier. La halte-chaleur située à l’Hôtel-Dieu avait en moyenne 35 visiteurs quotidiens depuis les 27 derniers jours.
Les bénévoles des six haltes chaleur ont donc eu beaucoup de travail durant le temps des Fêtes.
Tom Cortado, Chef de la Division de Saguenay d’Ambulance Saint-Jean au Québec, a indiqué à Noovo Info avoir travaillé 35 nuits consécutives pour offrir son aide aux personnes vulnérables.
«L’aide à la population, c’est vraiment des belles valeurs et j’aime vraiment ce qu’on fait ici», soutient-il.
La mairesse Soraya Martinez Ferrada a tenu à féliciter les bénévoles lundi pour leur implication.
«C’est beaucoup de travail de nuit pendant le temps des Fêtes, donc, je veux les remercier. On a fait ce qu’il fallait faire. On a ouvert plus de haltes-chaleur. On le voit sur le terrain, ce qu’on entend, c’est que ç’a quand même enlevé un peu de pression dans les services qu’on avait déjà», dit-elle.
Elle souhaite maintenant redoubler d’efforts pour encore mieux gérer la crise. Elle compte notamment publiciser davantage la présence des haltes sur le territoire et en ajouter au besoin.
«Je l’ai toujours dit je veux des lits, je ne veux pas des chaises», indique la mairesse.
Mohammad, quant à lui, espère davantage que des haltes-chaleur.
«J’ai besoin d’aide. J’ai 69 ans. Je n’ai pas de famille ici», a-t-il affirmé au micro de Noovo Info.
Voyez le reportage de Véronique Dubé dans la vidéo.

