Si les Montréalais ont l’impression que la saison des nids-de-poule est plus rude que d’habitude cette année, la CAA-Québec affirme que les chiffres leur donnent raison.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
L’association automobile indique que les appels d’assistance routière pour des pneus crevés ont augmenté de près de 28 % dans tout le Québec en janvier et février par rapport à l’année dernière, mais qu’à Montréal, ce chiffre grimpe à près de 50 %.
«Nous avons dû venir en aide à près de 4000 personnes cette année pour des crevaisons, et ce n’est même pas encore la saison des nids-de-poule», a affirmé Nicolas Ryan, porte-parole de CAA-Québec. «Et lorsque le printemps arrivera, nous nous attendons malheureusement à beaucoup plus de crevaisons.»
Les ingénieurs attribuent les dommages importants causés aux routes du Québec cet hiver au cycle de gel-dégel de janvier.
Les Québécois en font les frais
M. Ryan note qu’à environ 200 dollars par pneu, la plupart des conducteurs ne prennent pas la peine de faire une déclaration à leur assurance, car les franchises et les augmentations de tarifs qui en découlent en font rarement la peine. Selon CAA, ces chiffres à l’échelle du Canada confirment que les Québécois dépensent plus que quiconque dans le pays en réparations automobiles en raison du mauvais état des routes.
«La moyenne (des réparations liées aux routes) au Canada était de 126 dollars par voiture et par an. Mais si l’on regarde ce chiffre pour le Québec, il était de 258 dollars. Soit deux fois la moyenne de ce qu’il en coûte ailleurs au Canada. Et malheureusement, on peut dire que c’est au Québec que nous avons les pires routes.»
— Nicolas Ryan, porte-parole pour CAA-Québec
La CAA a critiqué l’approche de la ville et de la province en matière d’entretien routier, arguant que les réparations ponctuelles annuelles sont à la fois insuffisantes et malavisées.
«Nous mettons un pansement sur une fracture ouverte», a soutenu M. Ryan. «Lorsqu’une route se détériore chaque année, cela signifie en réalité qu’elle est morte en dessous.»
Les conséquences d’années de sous-investissement se reflètent désormais dans le déficit infrastructurel du Québec, que CAA estime à 22,5 milliards de dollars, soit le montant nécessaire pour simplement ramener les routes de la province à un niveau sûr et fonctionnel.
«Ce n’est même pas un état satisfaisant», a exprimé M. Ryan. «C’est juste suffisant pour que les gens puissent rouler en toute sécurité.»
