La présidente de l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) qualifie les conditions à l’intérieur des immeubles fédéraux de «terribles», alors que les fonctionnaires seront bientôt tenus de passer plus de temps au bureau.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Une directive publiée la semaine dernière a annoncé qu’à compter du 4 mai, les cadres devront travailler sur place cinq jours par semaine. Tous les autres employés fédéraux de la fonction publique centrale devront être au bureau au moins quatre jours par semaine à compter du 6 juillet.
La présidente de l’AFPC, Sharon DeSousa, a affirmé à l’émission Your Morning de CTV que cette décision «n’avait aucun sens» pour les fonctionnaires.
«Actuellement, les conditions dans les bureaux sont horribles. Il y a encore des problèmes avec les bâtiments.»
— La présidente de l’AFPC, Sharon DeSousa
«Il y a des punaises de lit, des parasites. Nous parlons de souris, de chauves-souris. Il y a simplement des problèmes avec l’aménagement actuel et il n’y a pas assez d’espace. Selon la base de données du gouvernement, environ un millier de bâtiments occupés actuellement ne sont pas adaptés ou sont en très mauvais état», a-t-elle avancé.
Le rapport sur les résultats ministériels 2024-2025 de Services publics et Approvisionnement Canada a montré que 53,1% des bâtiments appartenant à la Couronne sont dans un «état passable ou meilleur».
En 2023, 56,7% des bâtiments étaient répertoriés comme étant dans un «état passable ou meilleur».
Le rapport indique que 41,9% des bâtiments patrimoniaux appartenant à la Couronne sont dans un «état passable ou meilleur».
Dans un message adressé aux administrateurs généraux soulignant l’augmentation des exigences sur place pour les fonctionnaires, le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada a déclaré qu’il collaborerait avec les syndicats sur la manière de mettre en œuvre le plan de retour au bureau.
«Ces discussions porteront sur des éléments importants, tels que la possibilité d’attribuer des places assises et la santé et la sécurité au travail», indique la lettre. «Services publics et Approvisionnement Canada travaillera en étroite collaboration avec vous afin de garantir que vos employés disposent d’un espace de bureau adéquat.»
Selon Mme DeSousa, les données de Statistique Canada montrent que les gens sont plus productifs lorsqu’ils travaillent à domicile.
«Lorsque vous ne disposez pas d’espaces de travail adaptés, ou qu’ils ne sont pas en nombre suffisant, cela n’a tout simplement pas de sens», a-t-elle soutenu. «Pourquoi les faire venir alors que ce n’est pas productif ? Ils perdent leur temps, et ceux qui doivent vraiment se déplacer pour venir travailler, ceux qui sont des intervenants d’urgence, nous encombrons simplement davantage les autoroutes.»
L’AFPC a déposé une plainte pour pratique déloyale de travail auprès du Conseil fédéral des relations de travail et de l’emploi dans la fonction publique en réponse à la nouvelle obligation du gouvernement de travailler au bureau.
«Nous sommes actuellement en négociation et le gouvernement du Canada ne peut pas simplement modifier les conditions de travail de tous ceux qui ont entamé des négociations – ce n’est tout simplement pas juste et c’est contraire à la loi», a rapporté Sharon DeSousa.
La présidente de l’AFPC demande au gouvernement fédéral de consulter les syndicats et leurs membres au sujet des modalités de travail.
«Regardez l’état de vos bâtiments, regardez les conditions de travail», a-t-elle lancé. «Pendant la pandémie, des personnes ont été embauchées dans tout le pays et cela n’a aucun sens de les faire venir sur leur lieu de travail pour communiquer avec leurs collègues via MS Teams. Quelle est la différence entre être à la maison ou être sur le lieu de travail si vous continuez à communiquer avec eux via une plateforme? Cela n’a aucun sens.»

