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Les cols bleus de Montréal en grève, des services essentiels maintenus

«On n’est pas là pour nuire les citoyens, on est là pour passer un message à la Ville de Montréal.»

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Les cols bleus de Montréal en grève Des services essentiels sont maintenus, mais des impacts sont tout de même à prévoir pour la population.

Les quelque 6000 cols bleus de la Ville de Montréal tiennent mercredi leur première journée de grève. Des services essentiels sont maintenus, mais des impacts sont tout de même à prévoir pour la population.

Les cols bleus, membres d’une section locale du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), affilié à la FTQ, ont amorcé leur grève à 6 heures mercredi matin. Celle-ci se poursuivra jusqu’à 5 h 59 jeudi.

«On n’est pas là pour nuire les citoyens, on est là pour passer un message à la Ville de Montréal», a lancé Jean-Pierre Lauzon, président du SCFP 301 lors d’un point de presse mercredi matin. «Tout le monde est dans la rue aujourd’hui et on considère qu’il était temps de le faire.»

Jean-Pierre Lauzon, président du SCFP 301 lors d'un point de presse le 4 janvier 2026 Jean-Pierre Lauzon, président du SCFP 301 lors d'un point de presse le 4 janvier 2026 (CTV News)

En raison de ce débrayage, il n’y aura pas de collecte des ordures ménagères, ni de collecte sélective, ni de compostage. Le Tribunal administratif du travail a jugé que l’absence de cueillette des ordures et des matières recyclables et compostables, pendant 24 heures en hiver, «ne menace pas la santé ou la sécurité publique».

L’entente sur les services essentiels intervenue entre les deux parties, qui a été entérinée par le Tribunal administratif du travail, prévoit que le nettoyage des rues pourra avoir lieu en cas d’accident.

Les opérations de réparation de la chaussée seront limitées aux trous et aux affaissements jugés «majeurs».

Pour les différentes opérations en lien avec la neige et le verglas, les abrasifs et le déneigement, l’entente est assez précise.

Elle prévoit «l’épandage d’abrasifs et de fondants sur les trottoirs, les pistes cyclables et la chaussée dès que le bulletin météorologique annonce une trace à 1 centimètre ou plus, ou au besoin, selon les conditions climatiques, incluant des équipes d’épandages mensuels pour les édifices et les endroits publics».

Pour le déblaiement, elle prévoit que «les opérations de déblaiement des trottoirs et des chaussées avec une inclinaison de 7 % et plus seront assurées advenant une accumulation de neige de 2,5 centimètres et plus».

Pour ce qui est du chargement de la neige, il est prévu à compter d’une accumulation de 17,5 centimètres. Selon les prévisions météorologiques, ce scénario ne risque pas de se produire mercredi.

«Toutes les activités reprendront jeudi et les cols bleus feront leur travail», a précisé M. Lauzon lors de la manifestation mercredi matin.

Salaires en cause

Les cols bleus en grève travaillent non seulement au déneigement, mais aussi dans les parcs, au service de l’eau, à l’approvisionnement, à l’entretien des rues, dans les ateliers et à Espace pour la vie, notamment.

Leur convention collective est arrivée à échéance le 31 décembre 2024. Les parties ont tenu plus d’une vingtaine de rencontres de négociation et une dizaine de rencontres de médiation au cours de la dernière année.

Le litige porte principalement sur les augmentations de salaire. La Ville est prise dans une situation financière difficile; le syndicat soutient que le cadre financier actuel de la Ville mènerait les cols bleus à l’appauvrissement.

«On a des cols bleus qui font deux ou trois jobs pour arriver à subvenir à leurs besoins. On considère que le cadre financier qu’ils nous donnent est illogique.»

—  Jean-Pierre Lauzon, président du SCFP 301

«On considère que le cadre financier de la Ville de Montréal, le 11% qu’ils veulent nous offrir, c’est d’appauvrir les cols bleus. Tant que je vais être président, je ne tolérai pas ça», a lancé M. Lauzon lors de la manifestation mercredi matin. «On sait que d’autres conventions collectives sont meilleures et on considère qu’avec toutes les années qu’on a perdu, on a un 7% de rattrapage à faire pour reprendre le niveau de vie pour nos cols bleus.»

Manifestation des cols bleus de Montréal en grève le 4 janvier 2026 Manifestation des cols bleus de Montréal en grève le 4 janvier 2026 (CTV News)

Le syndicat déplore également le manque de budget et le manque d’équipements en bons états. Lors du point de presse mercredi, le président du SCFP 301 a demandé à la mairesse Soraya Martinez Ferrada de faire pression et d’intervenir de son côté de la table de négociation.

Il a toutefois prévenu que les cols bleus continueront leurs moyens de pression si la Ville ne change pas sa position à la table des négociations.