Les refuges pour animaux de toute l’île ressentent les effets de la saison des déménagements. Les organismes signalent une forte augmentation du nombre d’animaux qui se présentent à leurs portes et préviennent que les semaines les plus chargées de l’été sont encore à venir.
Au refuge Proanima de Montréal, la directrice générale Anny Kirouac a affirmé que l’afflux d’animaux accueillis depuis le 1er juillet les oblige à se démener pour suivre le rythme. «C’est au moins le double du nombre d’animaux que nous accueillons pendant l’hiver», a-t-elle rapporté.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Vendredi, le refuge s’occupait de près de 200 animaux, ce qui le rapprochait de sa capacité maximale de 250 places. Selon Mme Kirouac, le fait d’atteindre cette limite poserait de sérieux défis à l’organisme.
Elle a comparé le fonctionnement du refuge à celui d’un hôpital, où les cas les plus urgents sont traités en priorité.
«Cela pourrait signifier qu’une personne qui s’est cassé le bras, et qui ne risque pas de mourir, pourrait devoir attendre un peu plus longtemps», a-t-elle expliqué. «Mais si nous devons faire face, par exemple, à une multitude de crises cardiaques, nous voulons nous assurer d’avoir la capacité de prendre en charge ces personnes et de leur prodiguer les soins appropriés.»
Afin de libérer de l’espace, Proanima a supprimé les frais d’adoption entre le 20 juin et le 19 juillet. L’effet a été immédiat: le refuge a établi un record samedi, avec 35 chats adoptés en une seule journée.
Danielle Andrianarivony fait partie des adoptants potentiels qui se sont présentés au refuge dimanche. Elle est venue dans l’espoir d’adopter un compagnon pour son chat âgé de huit mois.
Elle a expliqué qu’il était important pour elle de choisir un animal de refuge, car tant de chats attendent encore de trouver un foyer.
«Il y a tellement de chats qui ont besoin d’un foyer et je ne voulais pas en acheter un chez un éleveur», a-t-elle dit. «Je crois qu’il est vraiment important de prendre soin de ces chats issus d’un refuge — j’en veux un qui vient d’un refuge.»
Malgré la hausse des adoptions en fin de semaine, Anny Kirouac estime que les défis persistent. À mesure que les animaux quittent le refuge, de nouveaux continuent d’arriver.
Cette tendance se fait également sentir à la SPCA de Montréal. L’organisme a accueilli en moyenne une vingtaine d’animaux par jour au cours des quatre premiers mois de 2026. Au cours des deux dernières semaines, ce chiffre a grimpé à plus de 30 animaux par jour, et le refuge s’attend à ce qu’il atteigne 40 admissions quotidiennes plus tard cet été.
L’organisme précise que la saison des déménagements n’explique qu’en partie la situation. L’été s’accompagne également d’une augmentation du nombre de chatons orphelins, d’animaux blessés, d’animaux de compagnie négligés et d’autres situations d’urgence nécessitant une intervention immédiate.
Bien que les déménagements demeurent l’une des principales raisons pour lesquelles les gens abandonnent leurs animaux, Mme Kirouac préfère mettre l’accent sur l’autre aspect de la question : les personnes qui sont désormais en mesure d’adopter.
«Parfois, c’est une excellente occasion et une meilleure situation pour quelqu’un d’adopter», a-t-elle ajouté.
Les défenseurs des animaux affirment que les adoptions ne sont qu’une des façons dont le public peut aider.
Marie-Claude Larivière s’occupe d’animaux en famille d’accueil depuis 8 ans. Elle a commencé à accueillir des animaux avec Proanima cette fin de semaine.
«On fait une différence, on aide», a-t-elle lancé. «Parce que les refuges ne pourraient pas s’occuper seuls de tous les animaux nouveau-nés ou malades.»
Pour Mme Larivière, l’accueil temporaire est un moyen d’alléger une partie de ce fardeau.
«Pour moi, un refuge est un effort communautaire», a-t-elle précisé. «Ils ne peuvent pas y arriver seuls, alors je viens apporter ma contribution.»
Alors que le nombre d’admissions continue d’augmenter dans toute la ville, les refuges affirment que ce soutien — qu’il s’agisse de dons, d’adoptions, d’accueil temporaire ou de bénévolat — restera essentiel dans les semaines et les mois à venir.
