C’est une grande journée pour la communauté Anicinape de Kitcisakik qui est maintenant branchée au réseau d’Hydro-Québec.
Cette étape change radicalement le mode de vie des Algonquins de Kitcisakik qui jusqu’ici devait se chauffer au bois ou à l’aide de génératrices.
Au total, 70 km de lignes électriques, 2000 poteaux et la réfection des maisons pour s’assurer d’un branchement sécuritaire.
«C’est un moment historique de brancher la dernière communauté au Québec qui n’avait pas encore d’électricité», a lancé la présidente-directrice générale d’Hydro-Québec, Claudine Bouchard.
Le projet de 32 millions $ n’est pas encore terminé puisqu’il reste encore des raccordements, mais Mme Bouchard est confiante que le budget sera respecté.
Le projet d’électrification du village autochtone de quelque 300 âmes a été annoncé en grande pompe en mai 2022.
Une situation difficile à comprendre alors que Kitcisakik est collé sur la route 117 et se trouve à moins de 100 km de la ville de Val-d’Or.
«On passe à l’histoire parce qu’on n’a jamais eu ça l’électricité, on n’a jamais eu ça des poteaux électriques! Ça s’est rendu finalement dans la communauté», a souligné Edouard Brazeau, chef du Conseil des Anicinapek de Kitcisakik.
Il explique que l’arrivée de l’électricité dans le village permettra aux résidents d’économiser, puisque la plupart devaient acheter de l’essence pour alimenter les génératrices.
«Le coût de l’essence qui s’en allait en augmentant, ça revenait très cher pour la communauté. Moi c’est 800 $ par mois que je dépensais en essence juste pour la génératrice», dit-il.
Louisa Papatie, une aînée de Kitcisakik rencontrée par Noovo Info, raconte que l’électricité lui permettra de finalement s’acheter des électroménagers comme un réfrigérateur ou encore un micro-ondes.
«Nos petits-enfants… Ils voulaient avoir la génératrice, ils voulaient avoir la télé, y voulaient avoir tout. Ç’a été vraiment souffrant pour nous», raconte-t-elle la gorge nouée.
De l’électricité… mais pas encore d’eau courante. La population de Kitcisakik doit toujours aller chercher son eau à la station de pompage du village et doit leur douche au bloc sanitaire.
Voyez le reportage de Marie-Claude Paradis-Desfossés dans la vidéo.
