Banques alimentaires Canada affirme que l’assurance-emploi canadienne ne convient plus à la main-d’œuvre actuelle, qui évolue constamment, car de plus en plus de gens occupent des emplois à la tâche ou à temps partiel.
Dans son plus récent bulletin sur la pauvreté, l’organisme indique que le marché du travail s’est orienté vers le travail à temps partiel, temporaire et contractuel, tandis que l’assurance-emploi ne s’adresse qu’à une main-d’œuvre de plus en plus réduite, qui occupe un emploi stable à temps plein chez un seul employeur.
La directrice générale de Banques alimentaires Canada, Kirstin Beardsley, affirme que le système d’assurance-emploi désuet représente l’une des plus grandes menaces pour la résilience du Canada, alors que le chômage demeure élevé et que les ménages peinent à suivre le rythme du coût de la vie élevé.
Le rapport suggère que les critères d’admissibilité à l’assurance-emploi sont au cœur du problème, car ils exigent des travailleurs qu’ils accumulent un nombre déterminé d’heures assurables dans un délai fixe.
Toutefois, le rapport indique que les horaires irréguliers, les emplois multiples et le travail contractuel compliquent l’admissibilité à l’assurance-emploi, même pour les personnes ayant un emploi stable.
De ce fait, de nombreux travailleurs confrontés à une plus grande instabilité de revenus sont exclus.
L’assurance-emploi est un programme fédéral qui compense le manque à gagner pour les travailleurs entre deux emplois, en versant environ 55 % du revenu hebdomadaire assurable moyen. Ainsi, une personne ayant un revenu annuel de 68 900 $ recevrait un maximum de 729 $ par semaine en assurance-emploi.
La ministre de l’Emploi, Patty Hajdu, a indiqué lundi dans une déclaration publiée par son cabinet que son ministère examinait le rapport de Banques alimentaires Canada dans le but de renforcer le filet de sécurité sociale.
Le bureau de Mme Hajdu a mis en avant les initiatives à venir visant à soutenir les ménages à faibles revenus, tels que le complément au crédit pour la TPS, désormais appelé «Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels».
Des versements correspondant à la moitié de la valeur de l’allocation annuelle commenceront à être versés aux bénéficiaires admissibles vendredi, tandis que des versements trimestriels temporairement plus élevés débuteront le mois prochain.
Le rapport de Banques alimentaires Canada a présenté la prestation alimentaire comme un programme suscitant un optimisme prudent, malgré le défi que représente l’insécurité alimentaire.
Le bureau de Mme Hajdu a également évoqué les récentes réformes visant à améliorer l’accès à l’assurance-emploi, mais la déclaration s’est concentrée sur l’octroi d’une plus grande flexibilité aux travailleurs des secteurs visés par les droits de douane américains.
«Le gouvernement du Canada continuera d’être à l’écoute des Canadiens et de répondre à leurs besoins alors que nous traversons cette période d’incertitude», a indiqué le ministère.
