Le dirigeant du syndicat représentant 55 000 employés de Postes Canada appelle les salariés à rejeter l’accord de principe lors d’un vote prévu ce printemps, bien qu’une majorité des membres du comité exécutif national recommande d’accepter cet accord.
Un bulletin publié mardi par le Syndicat canadien des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) présente les grandes lignes de l’accord et indique que 60 % du comité exécutif national recommande aux travailleurs de voter en sa faveur.
Mais la présidente nationale du STTP, Jan Simpson, et quatre autres membres de la direction du syndicat ont publié un rapport minoritaire exprimant leur désaccord, arguant que l’accord abandonne la plupart des éléments des membres du syndicat.
«Ces ententes constituent une victoire majeure pour l’employeur. Les ententes de principe contiennent des changements importants, des concessions et des reculs», peut-on lire dans le rapport minoritaire.
Le rapport minoritaire indique que le syndicat retournera à la table des négociations pour obtenir un meilleur accord si cette offre «inférieure» est rejetée.
Postes Canada et le syndicat s’affrontent depuis plus de deux ans au sujet des salaires et des changements structurels au sein du service postal. Les travailleurs ont eu recours à des piquets de grève à plusieurs reprises durant les négociations.
La société d’État a enregistré des pertes de plus de 5 milliards $ depuis 2018, confrontée à une baisse importante du volume de courrier et à une concurrence accrue dans le secteur de la livraison de colis.
L’entente de principe porte sur un contrat de cinq ans et prévoit des augmentations salariales de 6,5 % et de 3 % pour les deux premières années.
«Nous obtenons une augmentation salariale qui reste toutefois inférieure à celle des autres grands transporteurs, et nous ne bénéficions que de certains des droits auxquels nous avions déjà droit en vertu du Code canadien du travail», indique le rapport minoritaire.
Dans un message publié en début de bulletin, Mme Simpson a commenté l’entente de principe, affirmant qu’elle ne résout pas tous les problèmes des membres, mais qu’elle leur garantit des gains importants et protège des droits essentiels, notamment la sécurité d’emploi.
Le vote se déroulera du 20 avril au 30 mai.
Les deux parties se sont engagées à ne pas déclencher de grève ni de lock-out pendant la période de ratification. Toutefois, un vote est organisé en parallèle afin d’autoriser un mandat de grève en cas de rejet de l’accord.

