Société

Le SPVM démantèle une caméra de surveillance controversée

«Une caméra a été retirée afin de préserver nos stratégies d’enquête en cours.»

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Genetec Cloudrunner camera La caméra Cloudrunner de reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation (LAPI), fabriquée par la société montréalaise Genetec. La police de Montréal a confirmé avoir installé une caméra Cloudrunner avant qu’elle ne soit récemment retirée. Crédit image | Genetec Inc.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a confirmé avoir installé — puis retiré — une caméra fixe qui scanne automatiquement les plaques d’immatriculation et recueille d’énormes quantités de renseignements.

La caméra était utilisée «pour appuyer des enquêtes ciblées à titre temporaire», a indiqué le SPVM dans un courriel.

Le service de police a confirmé que la caméra avait été installée à la suite d’un reportage de Radio-Canada, qui indiquait qu’elle avait été fixée à un lampadaire situé sur le terre-plein central du boulevard Henri-Bourassa, dans le quartier de Rivière-des-Prairies. Elle a été retirée quelques heures après la diffusion du reportage, mercredi.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News

Cet appareil sans fil alimenté à l’énergie solaire était la caméra Cloudrunner de reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation (LAPI) mise au point par l’entreprise technologique montréalaise Genetec. Les systèmes LAPI peuvent balayer les véhicules et recueillir des renseignements, tels que la marque, la couleur, le type de véhicule, la vitesse, la direction et les plaques d’immatriculation, même lorsque celles-ci sont sales ou masquées.

SPVM ALPR camera La police de Montréal a équipé plus d'une douzaine de véhicules de patrouille de caméras de reconnaissance automatique des plaques d'immatriculation (LAPI). (spvm)

Le SPVM précise que l’information recueillie est réservée aux «responsables de l’enquête» et que d’autres caméras pourraient être installées en fonction des besoins de l’enquête.

«Une caméra a été retirée afin de préserver nos stratégies d’enquête en cours», a écrit la porte-parole Mélanie Bergeron, ajoutant que le service évite autant que possible de révéler ses techniques d’enquête afin de protéger l’intégrité de ses enquêtes.

Le SPVM a précisé qu’il utilisait la caméra LAPI dans le cadre d’un contrat de location, mais a refusé d’indiquer si d’autres caméras Cloudrunner avaient été installées ailleurs dans la ville.

«Les techniques d’enquête, y compris les méthodes et les technologies utilisées, constituent des renseignements confidentiels que certaines personnes mal intentionnées pourraient tenter d’exploiter. Vous comprendrez que ce sont là, entre autres, les raisons pour lesquelles nous ne divulguons pas l’emplacement de notre équipement d’enquête», a dit le service jeudi.

La police de Montréal a déjà équipé 30 voitures de patrouille de ces caméras, mais celle de Rivière-des-Prairies semble être la première à avoir été utilisée dans une rue de Montréal.

Le site Web de Genetec confirme que l’entreprise a déployé des caméras Cloudrunner aux États-Unis, en Australie, en Nouvelle-Zélande et au Canada, et qu’elle compte d’autres clients à Montréal, notamment l’Aéroport international de Montréal-Trudeau et le Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine.

Genetec cameras Selon son site Web, la caméra Cloudrunner de Genetec détecte automatiquement les véhicules et prend une photo. (Genetec Inc.)

Selon le site Web de la police de Montréal, toutes les données recueillies par les caméras LAPI installées sur ses véhicules de patrouille sont protégées conformément aux lois et règlements relatifs à la sécurité de l’information, et aucune information personnelle n’est recueillie. Les données obtenues sont conservées pendant cinq ans avant d’être effacées.

Les services de police considèrent ces caméras comme un outil important pour résoudre les crimes. Cependant, ce type de caméras connectées au nuage soulève des questions concernant la surveillance de masse et l’utilisation qui est faite de ces renseignements.

Des caméras similaires fabriquées par la société américaine Flock Safety, qui dispose d’un réseau de 120 000 caméras LAPI à travers le pays, ont suscité des inquiétudes en matière de vie privée à la suite de rapports faisant état d’abus.

Parmi les révélations, on peut citer des agents de police surpris en train d’utiliser le système pour traquer d’anciens partenaires, ainsi que des collègues et des journalistes qui ont découvert que les caméras pouvaient servir à suivre des personnes, contrairement aux affirmations de l’entreprise selon lesquelles elles n’enregistrent que les véhicules.

Au Texas, la police aurait repéré une femme souhaitant subir un avortement à l’aide du réseau de caméras de surveillance, ce qui a également conduit les forces de l’ordre à identifier à tort des suspects.

Depuis lors, des opposants, dont un groupe communautaire appelé DeFlock, manifestent contre l’utilisation de ces caméras dans leurs quartiers, certains allant jusqu’à prendre les choses en main et à les endommager ou à les détruire.

Face à la contestation croissante des législateurs et des groupes de défense des libertés civiles, Flock Safety a annoncé jeudi qu’elle apportait des modifications à sa plateforme. Le chef de la direction, Garrett Langley, a déclaré qu’à compter du 1er janvier, tous les clients des forces de l’ordre devront mettre en place un outil d’audit pour signaler les comportements de recherche anormaux, ce qui bloquera l’accès de l’utilisateur au système lorsque cela se produira.

Avec des informations de l’Associated Press