Société

Le retrait des bancs au centre commercial Alexis Nihon soulève des inquiétudes

«C’est désagréable et inutile.»

Publié le 

Une personne âgée de Montréal exhorte Alexis Nihon à remettre en place les bancs qui ont été retirés, affirmant que ce changement prive les utilisateurs de transports adaptés d'un endroit sûr où attendre. Une personne âgée de Montréal exhorte Alexis Nihon à remettre en place les bancs qui ont été retirés, affirmant que ce changement prive les utilisateurs de transports adaptés d'un endroit sûr où attendre.

Une aînée de Montréal demande le retour de tous les bancs qui ont été retirés de l’intérieur du centre commercial Alexis Nihon, affirmant que ce changement a rendu les sorties quotidiennes plus difficiles pour les personnes qui dépendent de transports adaptés.

Rose-Marie Sobol-Halperin se rend régulièrement au centre commercial avec son mari, qui utilise un déambulateur. Le couple utilise le service de taxi adapté exploité par la Société de transport de Montréal (STM) pour s’y rendre. Jusqu’à la semaine dernière, ils attendaient leur taxi assis sur des bancs situés face à l’entrée de l’avenue Atwater, où se trouvent les zones de prise en charge désignées.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Sans sièges, son mari ne peut plus faire le trajet confortablement.

«Mon mari a 90 ans. Il ne peut pas rester debout aussi longtemps sans pouvoir s’asseoir», a expliqué Mme Sobol-Halperin.

Le service de transport adapté fonctionne avec un créneau de prise en charge de 30 minutes et, une fois que le chauffeur arrive, les utilisateurs ont cinq minutes pour monter dans la voiture avant que celui-ci ne doive passer à la course suivante.

«Maintenant, je dois attendre près des portes pendant que mon mari cherche un endroit plus éloigné où s’asseoir.»

—  Rose-Marie Sobol-Halperin

Cela ne fait qu’une semaine, mais Mme Sobol-Halperin affirme que l’attente peut sembler encore plus longue en hiver.

«C’est désagréable et inutile», a-t-elle lancé.

Elle ajoute que ce changement a bouleversé leur routine. Désormais, elle fait ses courses seule, tandis que son mari reste à la maison.

«Pour des raisons de sécurité»

Dans une déclaration à CTV News, le directeur immobilier principal du centre commercial, Michel Boisvert, explique que la direction a décidé de retirer deux bancs à l’entrée Atwater «pour des raisons de sécurité». Il a ajouté que les utilisateurs de transports adaptés sont invités à attendre à la sortie de la rue Sainte-Catherine.

«Cette alternative est appréciée par les clients, car elle offre une expérience plus agréable», a écrit M. Boisvert.

Il a indiqué qu’à la suite d’un petit nombre de commentaires, un banc a été réinstallé à l’entrée Atwater et que la direction continuerait à surveiller la situation et à solliciter des commentaires «afin de maintenir un niveau de service qui réponde à leurs besoins».

M. Boisvert n’a pas précisé quelles préoccupations spécifiques en matière de sécurité avaient motivé le retrait des bancs.

Selon Mme Sobol-Halperin, le personnel de sécurité lui a dit que les bancs avaient été retirés afin de dissuader les personnes en situation d’itinérance de les utiliser. Elle a rejeté ce raisonnement.

«Les personnes en situation d’itinérance font partie de notre communauté et ne devraient pas être victimes de discrimination. S’ils ne causent pas de perturbations, pourquoi ne devraient-ils pas être autorisés à s’asseoir?», a-t-elle demandé.

Elle estime que cette décision a fini par pénaliser les personnes à mobilité réduite, comme son mari. «Lui plus que quiconque devrait pouvoir s’asseoir sur un banc pendant qu’il attend son taxi», a-t-elle it, soulignant que son mari est un survivant de l’Holocauste.

Préoccupations soulevées en matière d’accessibilité

Chez RUTA Montréal, un groupe de défense des droits axé sur l’accessibilité des transports publics, le directeur exécutif Dominic Palladini a mentionné que les éléments garantissant l’accessibilité, tels que les sièges, devraient être automatiquement intégrés dans la conception des bâtiments privés et publics.

«L’accessibilité universelle devrait toujours être intégrée dans la construction et la planification», a-t-il dit, ajoutant que les bancs profitent à bien plus que les personnes handicapées. «Ils sont utiles aux familles qui portent des sacs à dos ou poussent des poussettes. Ils sont utiles aux femmes enceintes. Ils sont utiles à tout le monde.»

À la STM, la porte-parole Amélie Régis a rapporté à CTV News que les clients sont encouragés à signaler les situations qui, selon eux, ne respectent pas les normes d’accessibilité.

«Les clients sont, en quelque sorte, nos yeux sur le terrain. Nous ne pouvons pas être partout et tout voir, étant donné la taille du territoire que nous couvrons», a-t-elle ajouté.

Mme Régis a souligné que des lieux d’embarquement et de débarquement adaptés jouent un rôle important pour faciliter les déplacements.

Pour Mme Sobol-Halperin, la question reste simple : les transports accessibles doivent inclure des places assises.

Elle espère que les bancs restants seraient restaurés afin que personne ne soit laissé debout.