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Le plus grand projet hydroélectrique hors réseau appartenant aux Inuits remplace la majeure partie du diesel dans une communauté

Une installation de 7,5 MW, détenue par les Inuits, est le plus grand projet hydroélectrique hors réseau du Canada.

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Innavik Hydro La centrale hydroélectrique d’Innavik, sur la rivière Innuksuak. Cette installation de 7,5 MW, détenue par les Inuits, est le plus grand projet hydroélectrique hors réseau du Canada. (Lina Forero)

Cet article fait partie d’un dossier interactif collaboratif sur le leadership énergétique au Nunavik et une traduction d’un article de CTV News. Pour accéder à la page d’accueil, cliquez ici.

C’est à la mi-novembre 2023, à Inukjuak, au Nunavik, que l’impensable s’est produit.

Neuf motoneiges ont brisé la glace et ont plongé dans les eaux sombres de l’Arctique. Miraculeusement, tous les conducteurs, qui étaient partis chasser le caribou, ont réussi à se mettre en sécurité. Trois motoneiges, cependant, ont disparu sous la surface, trop profondément pour être récupérées.

Eric Atagotaaluk, qui a passé la majeure partie de sa vie dans la communauté, affirme n’avoir jamais rien vu de tel. La glace — qui a longtemps été le fondement de la vie des Inuits — n’est plus prévisible.

«Nous pensions que la glace était suffisamment épaisse pour y aller à cette période-là», dit-il, «mais même l’automne a été si doux que la glace des lacs était encore très mince. C’est difficile à prévoir maintenant à cause des changements climatiques. Ça devient inquiétant.»

Pour les chasseurs inuits, les conséquences du changement climatique vont bien au-delà des motoneiges endommagées ou perdues. L’amincissement et l’instabilité de la glace menacent non seulement leur sécurité, mais aussi l’accès de la communauté à la nourriture traditionnelle du pays — comme le caribou, le phoque et le poisson —, qui est au cœur de l’identité culturelle inuite et essentielle à la santé physique et au bien-être émotionnel.

Community members in Inukjuak gathered in October 2024 to share a feast of traditional food. (Photo by Lina Forero)
Community members in Inukjuak Les habitants d'Inukjuak se sont réunis en octobre 2024 pour partager un festin composé de mets traditionnels. (Photo par Lina Forero)

«Nous dépendons régulièrement de notre nourriture locale», explique Tommy Palliser, président de la Pituvik Landholding Corporation et lui-même chasseur. «Mais aujourd’hui, nous ne pouvons plus chasser en toute tranquillité. Nous nous inquiétons constamment pour la glace — une préoccupation qui ne nous avait jamais traversé l’esprit auparavant.»

L’amincissement de la glace raccourcit les saisons de chasse et les rend nettement plus dangereuses.

Consciente de ces changements, la communauté a commencé à réfléchir au monde qu’elle laissera à ses enfants et petits-enfants. Protéger la terre — et la capacité de vivre de ses ressources — signifie trouver des moyens de s’adapter qui respectent la tradition tout en embrassant de nouvelles possibilités.

«C’est là que nous avons commencé à nous en préoccuper et à réaliser que nous avions la possibilité de changer cela. Nous avons la chance d’avoir une rivière qui coule en continu toute l’année, même en hiver, ce qui nous a permis de développer un projet hydroélectrique», explique Atagotaaluk, directeur de Pituvik Sarvaq Energie Inc., qui supervise le projet Innavik Hydro, une centrale hydroélectrique au fil de l’eau dirigée par les Inuits qui remplace le diesel par une énergie locale propre.

Un rêve d’énergie propre devenu réalité

Depuis les années 1960, Inukjuak — ᐃᓄᒃᔪᐊᒃ en inuktitut, ce qui signifie «Le Géant» — dépendait de millions de litres de diesel importé pour l’électricité, le chauffage et l’eau chaude. Son isolement géographique faisait de l’idée d’un avenir énergétique plus propre un rêve lointain.

Aujourd’hui, ce rêve devient réalité grâce au projet Innavik, une centrale hydroélectrique au fil de l’eau de 7,5 mégawatts qui a réduit de 80 % la dépendance de la communauté au diesel, selon M. Atagotaaluk. Les besoins en électricité des résidences, y compris le chauffage domestique, sont désormais entièrement couverts par l’hydroélectricité.

Les bâtiments commerciaux et institutionnels — qui représentent environ 20 % de la demande totale — dépendent toujours du diesel. Chris Henderson, fondateur d’Indigenous Clean Energy et conseiller principal du projet, explique que la conversion des grandes installations, telles que les écoles, reste difficile car leurs systèmes de chauffage sont plus complexes et coûteux à remplacer.

La Pituvik Landholding Corporation est actuellement à la recherche de financement pour mener à bien ces mises à niveau.

Contrairement aux grands barrages hydroélectriques, les systèmes au fil de l’eau produisent de l’électricité à partir du débit naturel d’une rivière sans créer de grands réservoirs, ce qui réduit les perturbations environnementales.

Arctic Remote Energy Networks Academy (ARENA) participants tour the Innavik Hydro site in Inukjuak, October 2024. (Photo by Lina Forero)
Arctic Remote Energy Networks Academy (ARENA) Les participants à l'Arctic Remote Energy Networks Academy (ARENA) visitent le site hydroélectrique d'Innavik à Inukjuak, en octobre 2024. (Lina Forero) (LINA FORERO)

Le parcours de renforcement de la confiance derrière le projet

Le projet Innavik a nécessité des années d’études environnementales, de négociations et de consultations communautaires.

«Il faut étudier l’environnement, comprendre la faune et rallier la communauté. Il faut trouver des partenaires, négocier avec le service public local (Hydro-Québec), obtenir l’appui des gouvernements et obtenir du financement», explique Chris Henderson, dirigeant fondateur d’Indigenous Clean Energy et conseiller du projet.

«Il faut de la ténacité pour mener tout cela à bien. Mais en fin de compte, c’est la communauté qui rend cela possible. Sans la communauté, rien de tout cela ne se réalise.»

—  Chris Henderson, dirigeant fondateur d’Indigenous Clean Energy et conseiller du projet

L’un des plus grands défis a été d’assurer la salubrité de l’eau potable d’Inukjuak tout au long de la construction et après la mise en service de la centrale hydroélectrique. Les responsables du projet ont décrit un long processus de consultation communautaire et de communication visant à s’assurer que toutes les préoccupations soient prises en compte. Sans aucun exemple antérieur ou similaire de centrale hydroélectrique dans le Nord à présenter à la communauté, ils demandaient aux résidents de faire confiance à une vision qui n’avait jamais fait ses preuves dans un endroit comme Inukjuak, ce qui faisait du projet un véritable pari, mais qui a finalement porté ses fruits.

«Nous avons essayé de trouver d’autres exemples ou d’autres projets situés sur leur source d’eau potable, mais nous n’en avons trouvé aucun au Canada. Nous nous sommes donc en quelque sorte servis de nous-mêmes comme cobayes… en espérant que ce projet aurait un impact aussi minime que possible sur notre source d’eau potable», révèle M. Palliser.

M. Palliser a indiqué que de nombreux membres de la communauté craignaient que la construction et le projet hydroélectrique lui-même ne polluent la rivière avec du mercure, affectant à la fois l’approvisionnement en eau et les poissons.

Sarah Lisa Kasudluak, vice-présidente de la Pituvik Landholding Corporation, se souvient également que bon nombre des préoccupations portaient sur la terre, l’eau et les animaux. «Leurs préoccupations étaient justifiées, et nous avons répondu à chaque question avec l’aide de consultants et de spécialistes… pour chaque question qu’ils avaient, nous nous sommes assurés d’obtenir la bonne réponse. Et c’est ainsi que les choses se sont mises en place.»

Les mises à jour ont été diffusées par la station de radio locale, Tuulliup Nipingat FM — la principale source d’information de la communauté.

«C’est un moyen d’expression pour la communauté, pour tout ce qui se passe. C’est notre source d’information numéro un — c’est notre station d’information.»

Pendant la construction du projet Innavik, un membre de l’équipe se rendait chaque semaine à la station de radio locale pour informer la communauté des résultats quotidiens des analyses de la qualité de l’eau. Depuis l’achèvement du projet, les analyses ont été espacées à une fois par semaine et les mises à jour publiques sont fournies une fois par an, selon M. Atagotaaluk. L’équipe du projet continue de soumettre des rapports hebdomadaires sur la qualité de l’eau au gouvernement du Québec, et tout résultat inhabituel est immédiatement communiqué à la communauté par la radio.

«En 2019, avant le début du projet, nous avons étudié les espèces de poissons de la région et évalué leur état de santé», explique-t-il. «Nous avons mené deux relevés des poissons », précise M. Atagotaaluk. « Le premier a eu lieu en septembre 2009 et le second en juillet 2019.» Il se souvient que chacun a duré environ deux semaines.

«Maintenant que l’installation est en service, nous sommes tenus de mener des études de suivi après cinq, dix et quinze ans afin de détecter toute contamination potentielle.»

Pourtant, certains membres de la communauté ont des sentiments mitigés à l’égard du projet.

L’ancien maire d’Inukjuak, Pauloosie Kasudluak, estime que les premières études sur les poissons auraient dû être menées sur une plus longue période afin de recueillir davantage de données.

Il explique que la rivière abrite de nombreuses espèces — la truite grise, l’omble de fontaine, le corégone, l’omble chevalier, le meunier et d’autres. Des espèces comme l’omble chevalier peuvent migrer en amont, mais pas chaque année. M. Kasudluak craint que des informations importantes sur ces poissons et leurs déplacements aient pu être omises en raison de la courte durée de l’étude.

Bien que des études sur les poissons aient été menées en 2019, des recherches supplémentaires sont en cours pour évaluer les impacts environnementaux de la construction d’un barrage sur le pergélisol à Inukjuak. Des chercheurs de l’Université de Montréal poursuivent la surveillance environnementale, y compris une évaluation des impacts du développement des infrastructures sur le pergélisol.

Atagotaaluk affirme que ces préoccupations étaient compréhensibles.

«Je comprends, d’une certaine manière, qu’ils aient eu peur que nous endommagions la rivière. Nous nous posions nous-mêmes la question, même si nous faisions partie de l’équipe de développement. Nous étions un peu dans le doute. Risquons-nous d’endommager la rivière? C’est notre source d’eau. Il y a du poisson là-bas. Nous l’utilisons encore pour la pêche.»

Pourtant, au fil du temps, dit-il, la communauté a appris qu’il était possible de développer un projet hydroélectrique de manière responsable.

« En tant que chasseurs et pêcheurs qui dépendent de la terre, nous avions des craintes quant aux impacts environnementaux.

Et maintenant que [le projet] est devenu une réalité, nous commençons à constater, du moins dans les premières étapes, que les impacts ont été très minimes jusqu’à présent », explique M. Atagotaaluk.

Une fierté pour la communauté

Un autre signe de cette transition vers une énergie plus propre est le silence. Le bourdonnement constant d’un générateur diesel, qui caractérisait il n’y a pas si longtemps la production d’énergie de la communauté, s’est enfin évanoui dans le silence.

Rusting diesel tanks Les réservoirs de diesel rouillés à Inukjuak marquent la fin d’ une époque. Avant que la communauté ne passe à l’énergie hydroélectrique propre, ces réservoirs de stockage contenaient des millions de litres de diesel nécessaires pour chauffer les maisons et produire de l’électricité. (Photo par Lina Forero/ Concordia University and Indigenous Clean Energy)

«Voici la centrale qui ne fonctionne plus depuis que notre centrale au fil de l’eau produit de l’électricité», explique Mme Kasudluak. «Cette centrale brûlait des millions de litres par année pour subvenir aux besoins en électricité et en chauffage de la communauté. C’était notre principale source d’électricité.»

Le projet Innavik Hydro, pleinement opérationnel depuis l’automne 2023, réduit les émissions et stabilise les coûts énergétiques à long terme.

«Nous sommes très fiers», dit-elle. « Nous n’en sommes pas encore à 100 %, mais nous y arrivons.»

Apprendre par la pratique

Il a fallu 20 ans pour que ce projet voie enfin le jour — si longtemps que beaucoup de gens ont commencé à douter qu’il se concrétise un jour.

«Il y a eu une période, pendant la phase de développement, où le projet était en quelque sorte en sommeil, où il ne se passait rien. Les gens disaient que ça ne se ferait jamais», se souvient Atagotaaluk

Il se rappelle qu’au début, ils n’avaient aucune idée de la façon de développer un projet comme celui-ci, mais grâce aux conseils et au soutien des gens autour d’eux, ils ont appris au fur et à mesure. Et comme ce fut une telle expérience d’apprentissage, ils sont maintenant impatients de la partager avec d’autres.

«Avec tous les défis que nous avons traversés, ça donne envie de partager cette expérience», réfléchit Atagotaaluk. «Si quelqu’un d’autre doit passer par là, nous serons heureux de partager ce que nous avons appris et les défis auxquels nous avons été confrontés.»

La patience a peut-être été le facteur le plus important. Comme le dit Sarah Lisa : « Il faut garder espoir si l’on veut que les choses changent. Je pense que la patience est la clé. »

Stimuler la croissance économique

Ancré dans l’engagement de la communauté à réduire les émissions de gaz à effet de serre, le projet devrait générer des avantages environnementaux, sociaux et économiques durables pour près de 2000 résidents.

En vertu d’un contrat d’achat d’électricité de 40 ans signé en 2019, la communauté vend son surplus d’électricité à Hydro-Québec.

M. Palliser indique que le projet devrait générer environ 4 millions de dollars par année au cours des sept premières années, puis environ 2 millions de dollars par année pour les 15 années suivantes, avant de diminuer à environ 1 million de dollars par année.

Ces revenus — qui devraient totaliser des dizaines de millions de dollars sur quatre décennies — seront réinvestis localement.

«Nous voulons utiliser cet argent comme capital de démarrage», explique M. Palliser.

Leur vision est de faire passer les 4 millions de dollars initiaux à 40 millions de dollars en attirant des ressources supplémentaires et en soutenant les organisations locales — tout en assurant un approvisionnement en énergie fiable et propre capable de soutenir la croissance d’Inukjuak pour les quatre prochaines décennies.

Les revenus du projet soutiendront des programmes éducatifs, sociaux et d’infrastructure, ainsi que des initiatives culturelles traditionnelles destinées aux enfants, aux jeunes et aux aînés.

L’une de ces initiatives est Unaaq, l’Association des hommes d’Inukjuak. Fondé en 2004, le programme jumelle des jeunes hommes avec des aînés afin de les reconnecter aux compétences traditionnelles et aux connaissances culturelles.

«C’est ici que nos jeunes hommes apprennent les techniques traditionnelles de menuiserie et la fabrication d’équipements traditionnels qu’ils utiliseront tout au long de l’hiver, dans le cadre des programmes que nous enseignons », explique M. Palliser, debout dans l’atelier d’Unaaq. «Ils apprennent à s’en servir pour fournir de la nourriture locale à leurs familles et à la communauté. Cela renforce leur fierté.»

Tout comme l’Unaaq, d’autres initiatives visent à renforcer le partage intergénérationnel des savoirs et la continuité culturelle.

«C’est nous qui déciderons comment nous voulons utiliser ces fonds – que ce soit pour les pratiques traditionnelles, la formation, les activités culturelles, la préservation de notre langue, notre propre langue [l’inuktitut]», explique Atagotaaluk.

Kasudluak partage également son rêve de disposer d’un espace dédié où chacun pourrait s’initier aux savoirs traditionnels et se réunir pour des événements communautaires. « Je parle toujours du centre culturel, qui peut aussi être un centre de guérison», dit-elle. «Avec le financement que nous allons recevoir, il y a l’aspect social, l’aspect éducatif et l’aspect du développement socio-économique.»

«Ce sera un grand changement pour la communauté, et cela améliorera vraiment nos vies.»

Les partenariats qui ont rendu cela possible

Ce projet de 125 millions de dollars a été financé par une combinaison de prêts, de subventions et de partenariats. En 2020, Pituvik a conclu un partenariat à parts égales avec Innergex, un producteur d’énergie renouvelable basé au Québec qui possède une expérience de collaboration avec les communautés autochtones.

«Nous avons trouvé un partenaire expérimenté dans les projets d’énergie renouvelable — pas seulement l’hydroélectricité — et qui a déjà travaillé aux côtés des communautés autochtones», explique M. Atagotaaluk. « Cette expérience était importante, car nous avions besoin de quelqu’un qui comprenne nos priorités. »

Innergex a aidé la Pituvik Landholding Corporation à négocier le contrat d’achat d’électricité avec Hydro-Québec, à gérer le processus de construction et à mener les évaluations environnementales nécessaires à l’avancement du projet.

Du point de vue d’Innergex, le partenariat reposait sur le respect et la collaboration. «Nous avons été invités à soutenir la communauté dans la réalisation de son projet. Nous ne serions pas allés là-bas pour imposer quoi que ce soit, et cela fait toute la différence», explique Michel Letellier, ancien président et chef de la direction d’Innergex. «C’est leur projet. Ce sont eux qui l’ont lancé et qui vivront avec cette infrastructure sur leur territoire. Nous sommes fiers d’y contribuer, mais notre rôle était d’apporter notre soutien.»

L’établissement de la confiance a été la clé du succès du partenariat. M. Letellier note que de nombreuses communautés ont vécu des expériences difficiles avec des entreprises qui ont fait des promesses qu’elles n’ont pas tenues. «Nous savions que nous devions faire preuve d’une transparence totale», dit-il. «Cela n’a pas été facile au début, mais à mesure que nous avons travaillé ensemble et mené à bien des projets solides avec [d’autres] communautés, cette expérience a contribué à instaurer la confiance et a permis aux communautés de considérer plus facilement Innergex comme un partenaire.»

Au-delà du financement et de l’expertise technique, M. Letellier estime que le partenariat a contribué à quelque chose de moins tangible mais tout aussi important : la confiance en soi. « Il y a une chose qui n’est pas nécessairement une question d’argent, mais c’est leur capacité à croire en eux-mêmes, à penser qu’ils devraient s’autoriser à rêver de leur capacité à posséder et à être partenaires d’un projet comme celui-ci. « Ce sentiment de fierté est puissant, surtout pour les jeunes générations qui peuvent désormais regarder ce projet et dire : “C’est à nous. C’est ce qui alimente notre communauté, notre village.”

Bien que la construction ait commencé en 2020 et que le projet ait été achevé en 2023, il a fallu près d’une décennie pour le mener à bien, depuis les premières discussions en 2014 jusqu’au premier kilowatt produit. Ce calendrier reflète les réalités du travail dans une région isolée : il a fallu s’assurer de la compréhension et du soutien de la communauté, et surmonter des défis inattendus, notamment la construction en pleine pandémie de COVID-19.

La voie vers 2030

Pour Inukjuak, le passage à l’hydroélectricité ne concerne pas seulement l’énergie — il s’agit de souveraineté, de résilience et de la construction d’un avenir plus sûr pour les générations à venir.

«C’est une chose très excitante pour notre communauté, et pour les générations futures aussi. Maintenant que le monde s’oriente vers une énergie plus propre, je pense que nous avons un rôle important à jouer», déclare Aleashia Echalook, mère de trois enfants et plus jeune membre du conseil d’administration de la Pituvik Landholding Corporation.

Pour garantir la transparence et la responsabilité, la société met en place un fonds fiduciaire et un comité chargés de gérer les revenus.

«Nous voulons nous assurer d’agir de manière responsable, de dépenser l’argent de façon responsable et transparente afin que la communauté comprenne et participe au processus décisionnel concernant l’utilisation de ces fonds», ajoute M. Palliser.

La communauté explore également les prochaines étapes : un partenariat avec le programme Voltage de l’Université Concordia pour étudier les options de véhicules électriques et hybrides, et une collaboration avec le ministère des Transports du Québec pour obtenir du financement pour des minibus électriques.

Mais leur projet va au-delà des véhicules : ils envisagent de mettre en place un écosystème local complet pour les véhicules électriques — en formant des techniciens, en créant un garage dédié et en installant des bornes de recharge qui serviront de plaque tournante pour tous les véhicules électriques de la communauté.

«Nous voulons atteindre la neutralité carbone d’ici 2030», soutient M. Palliser. «Et je pense que nous sommes sur la bonne voie.»