La parade annuelle de la Fierté de Toronto, qui s’est déroulée dimanche, a attiré une foule de fêtards vêtus aux couleurs de l’arc-en-ciel, parmi lesquels figurait le premier ministre.
Le premier ministre Mark Carney s’est brièvement joint à la fête aux côtés de la mairesse de Toronto, Olivia Chow, serrant des mains et prenant des égoportraits avec la foule en délire qui bordait Yonge Street.
Durant la marche, le chef libéral a incité les participants armés de pistolets à eau à l’asperger. M. Carney a trébuché en arrière, feignant d’être blessé, puis il a poursuivi le reste du défilé, les cheveux mouillés et la chemise rose complètement détrempée.
C’était la première fois qu’il participait au défilé de la Fierté de Toronto depuis son entrée en fonction l’année dernière.
Il a marché devant une foule de bénévoles qui brandissaient des pancartes sur lesquelles figuraient les noms et les visages des 49 victimes de la fusillade survenue en 2016 dans un bar gai d’Orlando, en Floride. Cette tuerie avait également fait 53 blessés.
À l’occasion du 10e anniversaire de cette tragédie, Fierté Toronto a déclaré qu’elle rendait hommage aux victimes «non seulement dans le deuil, mais aussi dans le souvenir».
Le défilé a commencé à se former le long de Rosedale Valley Road dimanche matin, entraînant la fermeture de certaines rues du centre-ville, qui, selon la police, seront rouvertes vers 20 h.
Le défilé a démarré vers 14 h.
L’un des participants, Chris Collens, s’est réjoui de voir l’acceptation de la communauté queer progresser au fil des décennies pendant lesquelles il a assisté à l’événement. Les festivités de dimanche étaient bien loin de l’époque où il devait se faufiler hors de chez lui pour assister à l’événement.
«C’était en quelque sorte une manifestation pour l’égalité, puisque des gens perdaient leur emploi parce qu’ils étaient gais ou lesbiennes», s’est souvenu M. Collens en évoquant son adolescence au début des années 2000, à l’époque où il cachait son identité queer.
Dimanche, il était à la marche avec son employeur, le Régime d’assurance des enseignantes et des enseignants de l’Ontario, qui tenait un kiosque au festival. Participer au défilé avec le soutien de son employeur est quelque chose dont M. Collens dit qu’il n’aurait pu que rêver lorsqu’il était adolescent.
Pour d’autres, participer à la Fierté était une tradition familiale de longue date.
Gabrielle Ogchet a profité pleinement du festival dimanche avec sa mère, Felicia, qui l’emmène aux défilés de la Fierté depuis sa naissance.
«Nous n’avons jamais manqué une seule édition, a raconté Mme Ogchet. Sauf à cause de la COVID.»
Gabrielle Ogchet a expliqué que sa mère lui avait appris tout ce qu’elle savait sur la culture queer et qu’elle était reconnaissante de pouvoir célébrer cet événement avec elle année après année.
«Cela compte beaucoup pour moi de pouvoir la soutenir, elle et sa communauté, a souligné Mme Ogchet. Je sais que peu de gens ont la chance de pouvoir le faire, alors j’y tiens vraiment beaucoup.»
Pour TL Sutherland, qui a assisté à l’événement pour la première fois, cette journée était l’occasion de rendre hommage à ses amis décédés.
Ayant grandi dans un foyer religieux, TL Sutherland, qui s’identifie comme non binaire et utilise le pronom iel, a expliqué qu’il lui a été difficile de vivre en accord avec sa véritable identité. Récemment, iel a perdu un ami qui s’est suicidé.
«Un pianiste phénoménal, un compositeur phénoménal. Je suis ici pour rendre hommage à ces personnes», a déclaré Sutherland à propos de son ami.
À son avis, il faudrait en faire davantage pour soutenir les jeunes queer et trans, qui, selon Statistique Canada, présentent plus fréquemment des pensées suicidaires et des comportements liés au suicide.
TL Sutherland a plaidé en faveur de la gratuité des soins psychiatriques au Canada.
Fierté Toronto se présente comme le plus grand festival du Canada et la deuxième plus grande Fierté dans le monde.
L’événement a été confronté à des déficits de financement ces dernières années, en raison du retrait de commanditaires privés après une levée de boucliers contre la diversité, l’équité et l’inclusion.
Les organisateurs indiquent que le thème de cette année est «We Won’t Stop» (Nous ne nous arrêterons pas), rappelant aux participants les combats et les victoires qui ont permis d’obtenir des droits et une visibilité pour la communauté 2ELGBTQI+.
Kojo Modeste, directeur exécutif du festival, a expliqué que ce thème vise à créer une dynamique et à susciter des actions qui mèneront à un changement durable.