Un décès au CHSLD d’East Angus force le Bureau du coroner à demander la révision du dossier à savoir si la qualité des soins était réellement adéquate.
La personne est décédée alors que le médecin de garde ne l’a pas rencontré et n’a pris aucune note de la situation. Et ce n’est pas la première fois que le bureau du coroner enquête sur ce genre de décès. Une situation similaire est survenue au même établissement en 2023.
Le 18 mai 2025, un homme de 67 ans tombe et se cogne la tête. Après avoir obtenu l’accord de la famille, le médecin de garde demande l’administration des soins de fin de vie et le décès est constaté quatre jours plus tard.
Toutefois, l’autopsie ne révèle aucune lésion sur le corps du patient.
On apprend qu’il est plutôt décédé d’une broncho-pneumonie et souffrait d’une infection fongique.
Dans son rapport, dont Noovo Info a obtenu une copie, la coroner Me Kathleen Gélinas écrit que «bien que le décès ne résulte pas de la chute, je m’interroge sur la pratique médicale et la prise en charge […] À la lecture des observations des infirmières, je ne note aucun élément expliquant que [le patient] doive bénéficier de soins de confort.»
Me Gélinas dénonce également le fait que le médecin de garde ne s’est pas déplacé au chevet de son patient.
Plus loin, elle écrit que «l’absence de ces notes rend incompréhensible la conduite adoptée dans le dossier […] On est en droit de s’interroger si [le patient] a fait l’objet d’une évaluation sérieuse de sa condition.»
Invité à réagir à la situation, le président du Conseil pour la protection des malades, Paul Brunet, ne s’explique pas les lacunes opérationnelles au CHSLD d’East Angus.
«C’est n’importe quoi. Il va falloir être plus sérieux. Je demande à Santé Québec d’intervenir parce que ça, c’est de l’opération. Faisons une meilleure job que celle qu’on a observée», exprime M. Brunet.
Parmi ses recommandations, Me Gélinas demande demande au CIUSSS de l’Estrie-CHUS de réviser le dossier afin de s’assurer que les soins prodigués respectaient le plus haut standard de qualité. Elle recommande également au CIUSSS de sensibiliser les médecins quant à leurs obligations professionnelles en lien avec l’évaluation des résidents en CHSLD.
En réponse, le CIUSSS indique avoir pis connaissance du rapport et s’apprête à établir un plan d’action pour corriger la situation.
