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Le Canada reste silencieux alors qu’Israël se dédouane dans l’affaire de la mort de travailleurs humanitaires

Israël a conclu que ses forces armées n’avaient pas commis d’acte criminel lorsqu’elles ont tué un Canadien et six autres travailleurs humanitaires.

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Jacob Flickinger On voit Jacob Flickinger sur cette photo non datée. (World Central Kitchen via La Presse Canadienne)

Israël a conclu que ses forces armées n’avaient pas commis d’acte criminel lorsqu’elles ont tué un Canadien et six autres travailleurs humanitaires à Gaza il y a deux ans.

Cette décision a suscité l’indignation en Australie, où la ministre des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur israélien, mais jusqu’à présent, le Canada n’a pas réagi au rapport publié mercredi.

Le procureur militaire israélien a déclaré avoir décidé de ne pas ouvrir d’enquête pénale sur les frappes aériennes d’avril 2024 qui ont touché un convoi de véhicules de l’organisation World Central Kitchen. Ces frappes ont coûté la vie à Jacob Flickinger, un ancien militaire québécois, originaire de la Beauce, ainsi qu’à un Palestinien et à des travailleurs humanitaires originaires du Royaume-Uni, d’Australie et des États-Unis.

L’organisation humanitaire, qui distribue de la nourriture dans la bande de Gaza, avait déclaré à l’époque avoir coordonné les déplacements du convoi avec l’armée. Les véhicules, dont le toit arborait le logo de l’organisation, visible depuis les airs, ont été carbonisés et complètement détruits.

Des Palestiniens inspectent un véhicule portant le logo de la World Central Kitchen, détruit par une frappe aérienne israélienne à Deir al Balah, dans la bande de Gaza, le mardi 2 avril 2024. Des Palestiniens inspectent un véhicule portant le logo de la World Central Kitchen, détruit par une frappe aérienne israélienne à Deir al Balah, dans la bande de Gaza, le mardi 2 avril 2024. (AP Photo/Ismael Abu Dayyah)

Le communiqué militaire publié mercredi indiquait que les personnes se trouvant dans les véhicules avaient été identifiées à tort comme des membres armés du Hamas. Il concluait toutefois que les décisions des commandants «ne soulevaient pas de soupçon raisonnable de faute pénale». À l’époque, deux officiers avaient été démis de leurs fonctions et trois autres avaient reçu un blâme.

World Central Kitchen a réagi dans un communiqué en affirmant que la version de l’armée concernant la frappe était fausse, qu’elle «mélangeait différentes chronologies et différents événements, brouillait les pistes et rejetait la responsabilité sur d’autres». L’organisation a réclamé une enquête indépendante.

La Presse Canadienne a sollicité les commentaires de la ministre canadienne des Affaires étrangères, Anita Anand, qui n’a pas encore commenté publiquement cette affaire.

La ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, a tonné que les démissions et les réprimandes infligées aux officiers ne constituaient pas une responsabilisation suffisante pour le meurtre de la travailleuse humanitaire australienne Zomi Frankcom.

«Et ce, malgré les aveux des Forces de défense israéliennes (FDI) selon lesquels les frappes contre les véhicules de Zomi et de ses collègues résultaient de graves manquements aux procédures de l’armée, d’une identification erronée et d’erreurs dans la prise de décision», indique un communiqué de Mme Wong publié sur le site web du gouvernement australien.

Elle a qualifié cette décision de «particulièrement insultante», car elle a été annoncée à l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire.

Les défis de l’accord sur le désarmement du Hamas et un retrait israélien de Gaza Voyez le compte-rendu de la situation de Juliette Poireau.

«Je vais convoquer l’ambassadeur d’Israël en Australie, Hillel Newman, et j’ai demandé à l’ambassadeur d’Australie en Israël de transmettre directement notre point de vue à Israël, tandis que le gouvernement australien examine les prochaines mesures à prendre», a fait savoir Mme Wong.

L’armée israélienne a également annoncé mercredi qu’elle avait décidé de ne pas engager de poursuites pénales concernant les meurtres de quatre membres du personnel de Médecins sans frontières survenus lors de deux incidents distincts en novembre 2023 et février 2024.

À la suite du décès des employés de World Central Kitchen en 2024, le premier ministre de l’époque, Justin Trudeau, avait appelé à une enquête allant au-delà de l’armée israélienne elle-même.

«Le monde a besoin de réponses très claires sur la façon dont cela s’est produit», avait-il déclaré à la suite de la nouvelle.

M. Trudeau avait également vivement réfuté une réflexion du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, selon laquelle les pertes collatérales font partie intégrante de la guerre.

«Non, ça n’arrive pas comme ça, a martelé M. Trudeau. Et ça ne devrait pas arriver lorsque des travailleurs humanitaires d’une organisation extraordinaire comme World Central Kitchen risquent leur vie chaque jour dans un endroit incroyablement dangereux pour livrer de la nourriture à des personnes qui subissent une horrible catastrophe pour l’humanité.»

L’association «Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient» a écrit mercredi que le silence du premier ministre Mark Carney sur les conclusions de l’enquête pourrait «permettre à Israël de s’en tirer à bon compte après le meurtre d’un travailleur humanitaire canadien, sans aucune conséquence».

Avec des informations de l’Associated Press

Dylan Robertson

Dylan Robertson

Journaliste