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Laïcité dans les écoles: Drainville persiste et signe malgré les pertes d’emplois

Le député de Lévis refuse de parler de congédiements.

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Laïcité dans les écoles: Drainville persiste et signe malgré les pertes d’emplois Dans un message diffusé sur ses réseaux sociaux, M. Drainville souligne que les travailleuses «n’ont pas été congédiées» et que celles-ci «ont fait un choix personnel».

L’aspirant premier ministre et architecte de la loi renforçant la laïcité dans les écoles publiques du Québec, Bernard Drainville, persiste et signe: «la laïcité dans nos institutions publiques et nos écoles est un principe non négociable», et ce même si des employées ont perdu leurs emplois dans la foulée de l’application des nouveaux règlements.

La Presse rapportait jeudi matin que 12 travailleuses du Centre de services scolaire des Mille‑Îles (CSSMI) avaient perdu leur emploi en raison de leur refus de ne plus porter leur voile. Parmi celles-ci, 4 ont démissionné alors que 8 autres femmes auraient été remerciées.

Le député de Lévis refuse toutefois de parler de congédiement. À ses yeux, ces employées «pourraient encore travailler à l’école si elles avaient choisi de retirer leurs signes religieux pendant les heures de travail.»

Dans un message diffusé sur ses réseaux sociaux, M. Drainville souligne que les travailleuses «n’ont pas été congédiées» et que celles-ci «ont fait un choix personnel, en toute connaissance de la loi [...] elles doivent en assumer les conséquences.»

Du côté de l’actuelle ministre de l’Éducation, Sonia LeBel, celle-ci estime que la situation était connue de tout un chacun et que cela «ne devrait pas être une surprise pour personne».

«La date pour la clause grand-père était connue, les Centres de service scolaire ont eu cette présentation et étaient au courant. Plusieurs ont même avisé les employés […] La Loi s’applique à tout le monde», a lancé Mme LeBel dans les couloirs de l’Assemblée nationale jeudi.

Les personnes ayant été embauchées avant le dépôt du projet de loi 94 (19 mars 2025) peuvent continuer à porter des signes religieux.

La loi 94, finalement adoptée en octobre 2025, ratisse large. À partir de maintenant, les élèves devront fréquenter l’école à visage découvert, tout comme pratiquement tout le personnel scolaire.

En outre, les menus adaptés aux restrictions religieuses seront interdits, de même que les absences ou congés accordés au personnel pour des célébrations religieuses qui ne figurent pas au calendrier scolaire.

Les employés du CSSMI occupaient des postes d’éducatrice en milieu scolaire et de surveillantes, toujours selon La Presse.

Cette loi fait suite à la controverse de l’automne 2024 sur l’école publique Bedford à Montréal, mais le gouvernement caquiste a déjà fait savoir qu’un autre projet de loi sur la laïcité sera déposé dans les prochains mois, cette fois pour imposer la laïcité dans les services de garde subventionnés.

Le gouvernement Legault a fait savoir jeudi après-midi qu’il ne prolongera pas la clause de droits acquis comprise dans la loi sur le renforcement de la laïcité.

Selon des données obtenues par Radio-Canada, au moins 500 personnes perdront leur emploi dans le réseau scolaire à Montréal si elles refusent de retirer leurs signes religieux.

Le Parti libéral (PLQ) et Québec solidaire (QS) ont dénoncé ces restrictions en période de pénurie de main-d’oeuvre, mais le gouvernement est resté ferme: le droit acquis s’applique avant le dépôt du projet de loi, le 19 mars 2025, et non avant son adoption finale, le 30 octobre.

«Lorsqu’on parle d’un potentiel de 500 personnes qui pourraient quitter le réseau, c’est sûr que ça équivaut à des bris de services», a déploré la députée libérale Madwa-Nika Cadet en point de presse au parlement.

«Avec la mauvaise date d’entrée en vigueur de la clause de droits acquis, c’est un casse-tête pour l’ensemble des centres de services scolaires. Moi, je m’en fais parler régulièrement.»

«Le gouvernement est en train de faire un des gestes de discrimination massive les plus importants de l’Histoire du Québec», s’est insurgé le co-porte-parole masculin de QS, Sol Zanetti.

La loi sur le renforcement de la laïcité prévoit que la clause de droits acquis s’applique à ceux qui travaillaient pour un centre de services scolaire avant le dépôt du projet de loi 94 le 19 mars 2025.

Ceux et celles qui ont été embauchés après cette date ou qui ont changé de poste ne peuvent bénéficier de sa protection.

Avec des informations de La Presse canadienne