Société

L'abolition du changement d'heure est saluée dans l'Ouest canadien

«C’est plus facile avec les enfants quand on n’a pas à modifier leur routine.»

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La tour de l'Horloge, à Montréal, le mercredi 28 octobre 2026. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE La tour de l'Horloge, à Montréal, le mercredi 28 octobre 2026. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE (Christopher Katsarov)

Jenn Irwin-Greer n’attendait jamais avec impatience le cirque habituel qui s’installait dans sa garderie d’Edmonton à chaque changement d’heure, alors que les enfants peinaient à s’adapter à un nouveau rythme.

«Les enfants étaient un peu irritables quand ils arrivaient, un peu comme nous quand on est fatigué», a-t-elle expliqué. «Les horaires de sieste étaient complètement chamboulés.»

Elle espère que les choses seront un peu plus faciles cette année.

L’Alberta fait partie des provinces qui ont choisi de rester à l’heure d’été toute l’année, plutôt que de reculer leurs horloges d’une heure. La Colombie-Britannique, le Manitoba, le nord-ouest de l’Ontario et les Territoires du Nord-Ouest ont pris la même décision. La Saskatchewan ne change déjà plus l’heure.

Dimanche, dans un centre de loisirs du sud d’Edmonton, certains parents ont mentionné qu’ils trouvaient agréable de ne pas avoir à adapter les horaires de sommeil de leurs enfants.

«Je vais être honnête, j’aime bien ça», a soutenu Amanda Petrie après le match de hockey de son fils de sept ans. «C’est plus facile avec les enfants quand on n’a pas à modifier leur routine.»

Siva Sivabalan croit aussi que le gouvernement de l’Alberta a pris la bonne décision en abolissant le changement d’heure.

«Je préfère avoir plus d’ensoleillement le soir plutôt que le matin», a-t-il souligné pendant que sa fille jouait à proximité. «Surtout le changement d’heure de novembre, je n’aimais vraiment pas ça.»

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Certaines appréhensions

À Calgary, Jordan Janovcik, qui est coiffeur, appréhendait le début de la semaine.

Il a expliqué avoir passé tout l’été à vérifier deux, voire trois fois auprès de ses clients pour s’assurer qu’ils savaient bien que l’Alberta ne reculait pas l’heure.

Les coiffeurs comme M. Janovcik ont des emplois du temps chargés, mais rigoureusement planifiés. Les rendez-vous manqués ou les retards peuvent se traduire par une perte de temps et d’argent.

«Je suis vraiment inquiet pour cette semaine», a-t-il avoué lors d’un entretien téléphonique. «Je pense que cela va être très difficile pour beaucoup d’entreprises.»

Des experts en technologie ont prévenu que l’abolition du changement d’heure pourrait poser des problèmes aux systèmes de prise de rendez-vous et aux logiciels plus anciens.

Sur Internet, certains internautes ont signalé dimanche que leurs appareils mobiles n’affichaient pas la bonne heure.

Dans un communiqué, Telus a précisé que le problème était attribuable à la manière dont certains téléphones mettent à jour leurs informations de fuseau horaire, et non au fournisseur de services.

L’entreprise de télécommunications a recommandé aux personnes qui étaient aux prises avec ce problème à vérifier les paramètres de leur téléphone, pour s’assurer que l’option permettant de régler automatiquement le fuseau horaire était bien sélectionnée, puis à redémarrer leur appareil.

Des matins plus sombres l’hiver

De retour à Edmonton, Mme Irwin-Greer s’est dite curieuse de savoir comment l’absence de changement d’heure affectera la vie quotidienne dans les Prairies.

Elle a rappelé que les matins seront plus sombres dans les mois à venir. Elle se demande si cela affectera les trajets maison-école et maison-travail.

«Je n’aime pas que la nuit dure plus longtemps lorsque les enfants se rendent à l’école», a-t-elle avoué. «Mon fils adolescent ne s’en inquiète pas outre mesure, mais c’est un peu préoccupant.»

Selon elle, «traverser la rue est déjà assez difficile à cause de la circulation». «J’espère qu’il n’y aura pas plus d’accidents.»

Que fera le Québec?

Au Québec, comme ailleurs dans l’est du pays, les horloges ont été reculées d’une heure dans la nuit de samedi à dimanche. Le nouveau gouvernement péquiste a cependant annoncé la semaine dernière qu’il comptait mettre fin au changement d’heure.

Le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon a fait savoir qu’il a l’intention d’entendre des spécialistes lors de consultations qui commenceront «dans les prochains mois».

Québec compte mettre fin au changement d’heure Le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon confirme que son gouvernement a l’intention d’abolir le changement d’heure au Québec.

L’objectif sera de confirmer qu’abolir du changement d’heure est la bonne décision. Le cas échéant, il faudra aussi choisir si c’est l’heure d’été ou l’heure d’hiver qui sera conservée toute l’année.

Lors d’une consultation en ligne menée à la fin de 2024, 91 % des quelque 214 000 répondants avaient dit vouloir mettre fin au changement d’heure. Parmi les participants qui souhaitaient la fin du changement d’heure, 72 % voulaient conserver l’heure d’été toute l’année.

Avec la collaboration de Marieke Glorieux-Stryckman et de Mathieu Paquette à Montréal

Ashley Joannou

Ashley Joannou

Journaliste

Fakiha Baig

Fakiha Baig

Journaliste