Société

La Ville de Montréal bloque la démolition d’une église abandonnée, selon une paroisse

«Nous leur demandons de réagir rapidement et de ne pas suivre la procédure habituelle.»

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Saint-Eusèbe-de-Verceil church Capture d'écran d'une vidéo TikTok prise par une personne qui est entrée dans l'église abandonnée Saint-Eusèbe-de-Verceil. (Tiktok)

L’Église catholique du quartier Sainte-Marie a intenté une poursuite contre la Ville de Montréal, affirmant que celle-ci ne lui permettait pas de démolir le bâtiment qui est devenu un danger pour la sécurité.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Il y a plus de 130 églises catholiques à Montréal, mais aucune ne semble aussi abandonnée que l’église Saint-Eusèbe-de-Verceil, rue Fullum. Le bâtiment tombe en ruine, a été vandalisé et a été endommagé par un incendie, a averti le curé de la paroisse l’année dernière.

«Nous leur demandons de réagir rapidement et de ne pas suivre la procédure habituelle, qui implique toutes sortes de consultations. C’est davantage dans ce sens que la sécurité publique est prioritaire», a indiqué Stefano Marrone, PDG de la Corporation immobilière catholique romaine de Montréal.

«Nous ne pouvons plus mettre cela en pause.»

—  Stefano Marrone, PDG de la Corporation immobilière catholique romaine de Montréal

L’église se dit prise dans une situation sans issue: pour lancer un projet immobilier, elle a besoin de l’autorisation de la ville. Or, la ville a ajouté une couche de bureaucratie en classant le bâtiment comme monument historique.

Pendant ce temps, la paroisse dépense 300 000 dollars par an pour assurer la sécurité de l’église.

«Il est presque impossible d’investir cet argent ou de rechercher des partenaires ou des collaborateurs si nous ne savons pas quel sera l’avenir du bâtiment ni quelle sera l’issue», a soutenu M. Marrone.

Les défenseurs du patrimoine admettent que, bien que cette église ait une valeur historique, il est peut-être trop tard pour l’église Saint-Eusèbe-de-Verceil.

«À un certain moment, il faut se rendre à l’évidence que les dégâts sont peut-être trop importants et qu’il faut dire adieu à ce bâtiment», a indiqué Dinu Bumbaru, directeur des politiques chez Patrimoine Montréal.

M. Bumbaru affirme que l’approche fragmentaire de la ville en matière de conservation signifie que le sort de l’église n’est pas unique.

«Si nous attendons et continuons à tergiverser, nous ne ferons qu’enterrer notre patrimoine et nous retrouverons avec un quartier très ennuyeux», a-t-il ajouté.

La ville, quant à elle, a refusé de commenter, car l’affaire est désormais devant les tribunaux.