La vérificatrice générale du Canada a constaté que les efforts déployés par le gouvernement fédéral pour cartographier les régions du pays les plus exposées aux risques d’inondation n’aboutiront probablement pas d’ici la date butoir de 2028 — et ne tiennent pas compte des impacts des changements climatiques.
Le commissaire à l’environnement Jerry DeMarco et la vérificatrice générale Karen Hogan ont publié lundi cinq rapports, comprenant également des enquêtes sur la réponse du Canada à la grippe aviaire, le financement des Premières Nations, le plan climatique d’organisations fédérales et la manière dont le gouvernement répond aux besoins en matière d’accessibilité dans la fonction publique.
Le rapport a révélé que le portail de sensibilisation aux risques d’inondation élaboré par le ministère de la Sécurité publique ne tenait pas compte de l’impact des changements climatiques sur les schémas d’inondations.
«Les cartes des zones inondables doivent intégrer les projections relatives aux changements climatiques; sinon, les données ne seront pas suffisamment précises pour orienter les décisions à long terme, telles que l’emplacement de constructions résidentielles ou le développement d’infrastructures», indique le rapport.
Les niveaux de risque ont été évalués à partir d’hypothèses actuelles et l’audit a révélé que, comme le gouvernement avait fait appel à un prestataire du secteur privé pour créer un système propriétaire, il n’était pas en mesure d’ajuster le modèle.
L’audit s’est également penché sur les efforts déployés par le ministère des Ressources naturelles pour cartographier les zones à haut risque d’inondation.
Alors que ce ministère avait identifié 200 zones à haut risque en 2022, moins de la moitié des cartes actuelles incluent ces zones.
En conséquence, selon l’audit, moins de la moitié des 131 projets de cartographie couvrent les zones à haut risque identifiées après cette analyse de 2022. Seules 11 de ces cartes avaient été publiées dans l’inventaire des cartes des zones inondables du Canada.
Les efforts de secours lors d’inondations ont coûté au gouvernement fédéral en moyenne 230 millions $ par an entre 2016 et 2025. Ce coût moyen augmente en raison du changement climatique et de la croissance démographique.
Le profil de risque national a révélé qu’environ 80 % des zones fortement peuplées se situent au moins en partie dans des zones inondables.
M. DeMarco a recommandé au gouvernement de créer des cartes des zones inondables conviviales et interactives afin de permettre à la population de se préparer.
L’audit a souligné que les investissements fédéraux dans les logements et les infrastructures, «notamment ceux annoncés dans le budget de 2025, pourraient être planifiés et conçus en tenant compte de la résilience climatique, grâce à des renseignements fiables et exploitables sur les aléas d’inondation».
Le rapport a également recommandé au gouvernement de collaborer avec les provinces et les territoires pour surveiller les zones à haut risque.
Le gouvernement a accepté toutes les recommandations.

