Alors que les élus martèlent que la lutte à l’itinérance est une priorité, un organisme pour les femmes manque d’argent pour terminer la construction de logements transitoires.
L’organisme Les Maisons de l’Ancre a obtenu les subventions pour construire l’édifice, mais n’a pas les fonds nécessaires ensuite pour opérer les services.
«La situation est critique. Ça serait vraiment dommage d’offrir 24 places qui sont construites, prêtes, mais qu’on ne puisse pas l’opérer à 100 %», déplore Julie Chevalier, directrice générale de Les Maisons de l’Ancre.
L’organisme pourrait devoir lancer une campagne de financement pour trouver les 500 000 $ nécessaires à son projet.

«Quand on pense à des budgets pour d’autres projets comme le troisième lien où des milliards de dollars sont en jeu, je ne peux pas croire qu’on ne peut pas trouver un 500 000 $ récurrent pour nous et pour toutes les ressources d’hébergement pour femmes», dénonce Mme Chevalier.
Notons qu’il y a 41 500 femmes qui tentent d’accéder aux ressources en hébergement chaque année à Montréal. Les Maisons de l’Ancre a d’ailleurs dû refuser 1500 cette année.
«Quand elles sont prêtes à demander de l’aide, il faut les accepter. Il faut leur offrir une place. Si on les refuse et elles se retrouvent dans la rue où leur état dégénère rapidement», souligne Mme Chevalier.
«Parce que la rue c’est dur, c’est violent. C’est violent spécialement pour les femmes et les personnes de la diversité de genre. Il faut être capable de leur offrir une place comme société, c’est le minimum», a-t-elle renchéri.
Pour des milliers de femmes, les services offerts 24 heures sur 24 par Les Maisons de l’Ancre sont primordiaux. C’est le cas de Louise, 61 ans, qui est passé à un cheveu de se retrouver à la rue après sa séparation avec son conjoint. Elle s’est mise à boire et n’arrivait plus à payer son loyer.

«Quand je suis rentrée dans cette maison-là, j’ai appris à parler et surtout j’ai appris à accepter ma situation puis apprendre à travailler avec des intervenantes», explique-t-elle, ajoutant que le travail des intervenants lui permet de ne pas tomber dans les vices de sa dépendance.
«Parce qu’il y a de l’impulsivité. Si je ne parle pas, je vais agir», dit-elle.
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