Selon un sondage Léger, près d’un travailleur sur deux a déjà caché son état de santé mentale au travail dans la dernière année.
Le sondage, commandé par le centre d’expertise Global-Watch, démontre qu’environ 75% des travailleurs québécois ne seraient pas ouverts à parler de leurs enjeux de santé mentale à leur employeur ou à leurs collègues.
«Souvent, on va cacher son état de santé mentale au travail parce qu’on peut se sentir particulièrement vulnérable. On peut avoir peur de discrimination, on peut avoir peur d’être étiqueté», explique Marie-Claude Pelletier, présidente et fondatrice de Global-Watch.
La honte et le tabou pourraient être des raisons derrière ces récentes données, soutient France St-Hilaire, professeure à la faculté de médecine et des sciences de la santé à l’Université de Sherbrooke.
«Beaucoup de gens ont encore le préjugé que si on vit de la détresse, c’est parce qu’on n’est pas résilient, qu’on n’est pas capable de résister au stress. On a peur aussi des conséquences», indique-t-elle.
Mme Pelletier soutient d’ailleurs que les travailleurs sondés mentionnent avoir beaucoup d’anxiété sur comment ils seraient perçus s’ils s’ouvraient sur leur santé mentale.
L’étude, qui a été menée auprès des 601 travailleurs québécois, précise aussi que les jeunes et les femmes seraient plus susceptibles de cacher leur état de santé mentale au travail.
Selon Mme Pelletier, c’est notamment parce que les jeunes et les femmes occupent «habituellement» des postes plus précaires.
«Quand on est dans un rôle ou une fonction qui est plus précaire, on ne voudra pas nécessairement dire quand ça ne va pas bien parce qu’on a, on a plus peur de perdre son emploi ou d’avoir des conséquences négatives», dit-elle.
Les conséquences pour les entreprises
Le manque d’ouverture des employés concernant leur santé mentale affecte les entreprises et les organisations sur plusieurs aspects et les conséquences peuvent être «énormes», soutient Mme St-Hilaire.
Les entreprises devront notamment jongler avec de plus en plus de présentéisme, un phénomène qui affecte la productivité et les performances des travailleurs.
Des départs soudains peuvent aussi affecter les employeurs, qui ont investi dans les talents de leurs employés, sans compter les absences au travail qui coûtent «extrêmement cher», rappelle Mme St-Hilaire.
«Même si on parle de plus en plus de santé mentale dans la société, mais aussi dans les organisations. Il demeure que dans les faits qu’on reste avec beaucoup de préjugés et tabous», souligne-t-elle.
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