Société

La santé mentale des jeunes se dégrade selon Tel-jeunes

84 % des 12 à 17 ans disent qu’il pourrait se retenir de demander de l’aide, même devant un problème qui leur semblerait impossible à surmonter.

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La santé mentale des jeunes se dégrade selon Tel-jeunes Tel-jeunes a dévoilé les résultats d’un sondage réalisé à l’échelle du pays qui montre une détérioration de la santé mentale des adolescents.

À moins de deux mois des élections provinciales, Tel-jeunes presse les décideurs de reconnaître officiellement l’adolescence comme une étape distinctive.

«De 12 à 17 ans, c’est une période de développement en grande effervescence. Le cerveau se construit. Tout ce qu’on vit, c’est pour la première fois et ils ont des besoins qui leur sont propres, qui sont particuliers. Quand on développe des stratégies en santé, en prévention sur la jeunesse, ça peut partir de 12 à 29 ans, ce n’est pas spécifique pour ce que vivent les adolescents», explique Annie Papageorgiou, directrice générale de Tel-jeunes.

Pour appuyer sa demande, l’organisme dévoile les résultats d’un sondage réalisé à l’échelle nationale, qui montre une détérioration de la santé mentale des adolescents.

Son premier portrait croisé des réalités adolescentes indique non seulement que la santé mentale chez les jeunes est en chute libre, mais aussi que 84 % des 12 à 17 ans disent qu’il pourrait se retenir de demander de l’aide, même devant un problème qui leur semblerait impossible à surmonter.

«Ce qu’on souhaite, c’est d’être la voix des ados. Qu’on les priorise dans nos politiques publiques, les 12 à 17 ans, et qu’on écoute ce qu’ils ont à dire par rapport à ce qu’ils vivent», souligne Mme Papageorgiou.

Concrètement, Tel-jeunes souhaite bonifier l’aide qui est offerte dans les écoles, mais aussi aux services de première ligne destinés aux adolescents.

Les filles et les jeunes 2ELGBTQI+ plus vulnérables 

Le sondage, mené au printemps 2026 auprès de 1200 adolescents québécois, montre que les filles présentent une vulnérabilité plus importante, avec plus du quart d’entre elles qui se disent insatisfaites de sa vie, mais aussi une détresse plus importante des ados 2ELGBTQI+, dont 43 % se disent «peu ou pas du tout satisfaits de (leur) vie». 

Mme Papageorgiou décrit une situation «excessivement préoccupante» concernant la jeunesse trans et non binaire au Québec. Elle cite une étude menée en 2025 par la Chaire-Réseau de recherche sur la Jeunesse du Québec, qui montre que près de 90 % des jeunes trans et non binaires dépassent les seuils cliniques de dépression, et près de 72 % dépassent les seuils cliniques d’anxiété. 

Pour la directrice générale de Tel-jeunes, les résultats du sondage reflètent la dure réalité à laquelle est confronté chaque jour son organisme.

«Les demandes d’aide (qu’on reçoit) sont de plus en plus lourdes et complexes», explique Mme Papageorgiou, tout en soulignant que la moitié d’entre elles sont en lien avec la santé mentale et qu’une demande d’aide sur cinq nécessite de faire une évaluation de risque suicidaire. 

Son organisme a recensé l’an passé une hausse de 20 % des demandes d’aide qu’il reçoit, pour un total de 50 000 demandes d’aide venant d’adolescents. 

«Le travail est de plus en plus compliqué sur nos lignes, et le taux d’appel est très élevé à certaines périodes de l’année», ajoute Mme Papageorgiou, en soulignant que l’approche de la rentrée scolaire suscite notamment plus de vulnérabilité chez les adolescents.

Pour ce qui est de la rentrée politique, elle espère que les dirigeants considéreront davantage l’adolescence comme une période charnière avec des besoins spécifiques, plutôt qu’une simple transition vers l’âge adulte. 

À voir dans la vidéo.