Un nouveau rapport du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) a mis en lumière des données alarmantes concernant la radicalisation des jeunes au Canada.
Ce texte est une traduction d’un contenu de CTV News.
Selon le rapport de fin d’année 2025 du SCRS, un nombre croissant de jeunes — dont certains n’ont que 13 ans — font l’objet d’enquêtes antiterroristes menées par l’agence. En effet, près d’une enquête du SCRS sur dix concerne désormais au moins une personne de moins de 18 ans.
«Dans ses enquêtes antiterroristes, le SCRS est régulièrement confronté à des mineurs qui se mobilisent à la violence», indique le rapport.
Un ancien agent du SCRS affirme que cette tendance n’est pas inattendue, mais qu’elle reste préoccupante.
«Est-ce surprenant? Non. Est-ce alarmant? Oui», a indiqué Neil Bisson lors d’une entrevue avec CTV News.
«Avec Internet, les médias numériques et l’interconnectivité de tout ce qui existe aujourd’hui, cela devient une cible.»
— Neil Bisson, ancien agent du SCRS
M. Bisson a expliqué que les jeunes vulnérables et influençables sont ciblés en ligne.
«Des personnes de plus en plus jeunes utilisent ou participent à des activités liées au terrorisme à cause de ce qu’elles voient, de ce qu’elles absorbent et des personnes avec lesquelles elles communiquent en ligne», a-t-il expliqué.
Le rapport du SCRS cite l’accès des jeunes à des contenus liés à l’extrémisme violent à caractère idéologique et religieux (EVCI et EVCR) comme l’une des raisons de cette tendance.
«Le principal défi que pose la radicalisation des jeunes liée à l’EVCR consiste à déterminer qui, parmi les jeunes qui s’intéressent aux documents terroristes et au contenu violent en ligne, représente une menace réelle et pourrait se mobiliser à la violence», indique le rapport.
Selon les experts, une partie de ce défi réside dans les espaces en ligne où les jeunes passent leur temps.
«Il y a les médias sociaux, la messagerie cryptée, les plateformes de jeux en ligne — ce sont toutes des plateformes qui peuvent entrer directement en contact avec les jeunes et être exploitées», a indiqué Ritesh Kotak, analyste en cybersécurité et en technologie basé à Toronto.
M. Kotak suggère que des mesures réglementaires pourraient aider à contraindre les plateformes en ligne à se conformer à la législation, mais il estime que les plateformes elles-mêmes pourraient également en faire davantage.
«Je ne pense pas qu’elles en fassent assez pour protéger les jeunes et garantir la sécurité du contenu sur leurs plateformes», a-t-il déclaré.
Selon le rapport, cinq mineurs ont été arrêtés en 2023, deux en 2024 et quatre en 2025 à la suite d’enquêtes antiterroristes.
Par ailleurs, il y a quelques semaines à peine, dans une salle d’audience d’Ottawa, un jeune a été reconnu coupable de chefs d’accusation de terrorisme liés à des plans inspirés par l’État islamique visant à attaquer des Juifs.

